bghddEn 1919, le groupe stéphanois Casino crée une section sportive au sein de l’Amicale des employés de la Société des magasins Casino. Quelques années plus tard la fédération française interdit l'utilisation des noms commerciaux    dont les noms de club,  l'A.S.C. devient donc l’Amical Sporting Club. En 1927, sous l'impulsion du président Pierre GUICHARD (fils de Geoffroy Guichard,

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Au cours de la saison 1950-1951,Pierre Guichard reprend la présidence du club et Jean Snella devient entraîneur. A la tête des services administratifs Charles Paret est installé en tant que secrétaire général. pCe sont des bases saines et solides, mais les résultats ne sont toujours pas au rendez-vous. Pierre Faurand succède alors à Pierre Guichard. Après une transition en 1952-1953, la suivante apporte des satisfactions et se solde par une honorable cinquième place. Pratiquant une politique de promotion des jeunes avec des garçons de talent.

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 1955, le club obtient son premier trophée, la coupe Drago, deux saisons avant de remporter son premier championnat de France, qui lui permet de découvrir la coupe d’Europe des clubs champions

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en 1957-1958. Les Verts sont éliminés au premier tour par les Glasgow Rangers, malgré une victoire à Saint-Étienne (3-1, 1-2).

En sept ans de présidence,Pierre Faurand a fait de l'ASSE un club sérieux, capable d'affronter la rudesse du championnat et de s'illustrer au plus haut niveau. Célibataire ,partageant sa vie entre ses responsabilités professionnelles et le club, il donnait tout son temps à ses deux passions. En 1959-1960, Pierre Faurand démissionne pour raison de santé après avoir été affecté par les critiques de la presse. Jean Snella quitte lui aussi l'ASSE pour rejoindre le Servette de Genève. Pierre Guichard reprend alors la présidence et nomme Roger Rocher en qualité de vice-président de la commission sportive. C'est René Vernier qui devient entraîneur. La saison est plus qu'en demi teinte. Les Verts terminent à la douzième place et ne gagnent qu'un seul match à l'extérieur. L'équipe dispute cependant la finale de la coupe de France le 15 mai 1960 et ne s'incline devant Monaco qu'après les prolongations sur le score de 4 à 2. Pierre Guichard profite de l'intersaison pour faire grimper son poulain d'un cran et Roger Rocher devient alors président de la commission sportive et vice-président de l'ASSE. Roger Rocher se prend au jeu. Il fait corps avec le club et vit pour lui. La saison qui s'engage est des plus ternes. L'entraîneur Vernier n'obtient pas les résultats escomptés. A la fin novembre,l'équipe se retrouve quatorzième au classement malgré un recrutement de qualité... Il faut alors éviter la chute en seconde division. René Vernier étant parti, Roger Rocher épaulé par Pierre Faurand parvient à redresser le cours des choses... L'ASSE se reprend et termine à la cinquième place du championnat. A la fin mars 1961, Pierre Guichard rend visite à Roger Rocher et lui annonce son intention de quitter le club. Pris par ses responsabilités à la tête du Casino, Pierre Guichard ne veut plus assumer la présidence de l'ASSE. Il choisit Roger Rocher pour lui succéder. Et ceci en accord avec Pierre Faurand. Après quelques jpurs de réflexion, Roger Rocher accepte. L'histoire commence alors vraiment... Il est élu le 17 avril 1961 à l'unanimité des quarante membres du comité directeur moins deux abstentions : la sienne et celle d'Alex Fontanilles qui avait sans doute quelques prétentions à la présidence du club...

 

 

iEn 1962, le club remporte sa première coupe de France face à l'AS Nancy (1–0), puis la coupe Gambardella la saison suivante. Ces premiers trophées introduisent vingt années de domination sur le football français, qualifiée de « grande époque des Verts ». En 1964 et 1967, les stéphanois sont de nouveau champions. En 1968, dirigés par Albert Batteux, ils remportent le premier doublé coupe-championnat de l'histoire du club, et passent pour la première fois un premier tour de coupe d'Europe. Ils sont de nouveau champions en 1969, et remportent la saison suivante un triplé historique coupe-championnt-Gambardella. C'est leur quatrième succès d'affilée en championnat, ce qu'aucune équipe n'avait réussi à faire. u r

Après trois saisons blanches qui voient Robert Herbin prendre place sur le banc, les Verts signent un nouveau doublé coupe-championnat en 1974. Les jeunes vainqueurs de la Gambardella en 1970 (Lopez, Merchadier, Santini, Revelli, Sarramagna, Synaeghel...) ont renforcé l'équipe, qui s'affirme comme une des meilleures équipes européennes. ASSE3

 

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En 1974-1975 les Verts sont de nouveau champions de France et s'offrent leur première épopée européenne: ils éliminent le Sporting, Split, Chorzow avant de s'incliner en demi-finale face au Bayern Munich.

La saison suivante, les Verts remportent le championnat de France pour la troisième année consécutive, et réalisent un parcours européen resté dans les mémoires : ils éliment le KB Copenhague, les Glasgow Rangers, le Dynamo Kiev et le PSV Eindhoven en demi-finale. En finale, ils affrontent le Bayern Munich à Glasgow, vainqueur de la compétition les deux années précédentes. Les Verts touchent deux fois les poteaux (devenus les fameux « poteaux carrés ») avant de s'incliner sur un but de Franz Roth. À leur retour en France, ils sont reçus en grande pompe par le président de la République Valéry Giscard d'Estaing et défilent à Paris sur les Champs-Élysées.

La fin des années 1970 voit le club perdre de sa superbe. Éliminée de la coupe d'Europe 1977 par Manchester United dès le deuxième tour, l'ASSE est distancée par le FC Nantes en championnat mais parvient à remporter la coupe de France. Le recrutement de Michel Platini en 1979 permet au club de remporter un nouveau titre de champion en 1981 et atteindre les quarts de finale de la coupe UEFA en 1980 et 1981.

Les affaires financières, et notamment la fameuse « caisse noire » du président Roger Rocher dévoilée en 1982, marquent la fin du règne vert. Le club est relégué en deuxième division en 1984. Le club navigue dès lors entre première et deuxième division, malgré le soutien des indéfectibles supporters.

  

Après des saisons pendant lesquelles le club a stagné au milieu du championnat de première division c'est en 1987 que le club décide finalement de rappeler Robert Herbin au poste d'entraîneur au côté d'André Laurent président de l'époque pour essayer de redonner au club son image des années précédentes. Mais ce ne fut pas concluent car l'ASSE termina quatorzième du championnat en 1989 et quinzième en 1990.

L'année suivante en 1991 se fut Christian Saramagna qui fut élu au poste d'entraineur mais le résultat ne fut guère plus concluent car l'équipe finit treizième puis dixième en 1992.En réponse à ces résultats plus que moyens le président André Laurent remplaça Christian Saramagna par Jacques Santini. De suite les résultats s'en ressentirent avec une très bonne septième place en 1992 et surtout une place en demi-finale de la coupe de France. Mais cette saison ne fut qu'une éclaircie avant la tempête. Car l'année suivante liasse retomba dans ses travers et le passage successif de Yves Guichard et de Michel Vernassa à la place de président et de Elie Baup et Dominique Bathenay au poste d'entraîneur n'y changèrent rien.

Après deux saisons où le pire fut évité de justesse c'est finalement en 1996 que le club en finissant dix-neuvième du championnat obtient malgré lui sa place en deuxième division. Au cours de cette première saison en D2 avec comme entraîneur Pierre Mankowski et comme président Phillipe Koël,l'Asse évite de très peu la relégation en nationale. L'année suivante l'équipe finit dix-septième du championnat malgré l'arrivé d'Alain Bompard au côté de Phillipe Koël et de Pierre Repellini au poste d' entraîneur.L' année suivante est tout le contraire des années précédentes car l'ASSE termine tout simplement première du championnat de première division et obtient ainsi son billet pour la division 1. Cette monté c'est faûitr sous l'impulsion de trois hommes : Alain Bompard et Gérard Soler au poste de président et Robert Nouzaret au poste d'entraineur.Certains les ont traités de fous d'autres d'inconscients mais l'important c'est qu'il est réussi leur paris insensé de ramener l'ASSE dans l'élite du football Français.

 

En 1999, l’ASSE remporte pour la deuxième fois le titre de champion de France de deuxième division et se prend à rêver d'un retour au premier plan, avant que l'affaire des faux passeports ne vienne ébranler le club et cause son retour en seconde division.

En 2004, les Verts sont de nouveau champions de division 2 et retrouvent la Ligue 1, dont ils terminent à la sixième place en 2005, puis à la cinquième place en 2008 avec Laurent Roussey. Qualifiés pour la coupe UEFA, les Verts tombent face au Werder Brême en 8e de finale mais connaissent des résultats catastrophiques en championnat.

Roussey est remplacé par Alain Perrin qui ne parvient à accrocher le maintien qu'à la dernière journée. La saison 2009-2010 démarre avec de nombreux départs, remplacés tardivement. Les résultats ne sont pas plus cléments que la saison précédente ; Perrin est écarté en décembre, remplacé par son adjoint Christophe Galtier. Sainté ne termine qu'à la 17e place, la première non relégable, avec 40 points. Après deux saisons catastrophiques consécutives, en dépit d'objectifs élevés, de nombreux changements sont attendus parmi le staff et l'effectif, qui va devoir être réduit.

Pour tenter d'améliorer les résultats du club, les présidents Caiazzo et Romeyer recrutent plusieurs joueurs experimentés et à moindre frais en raison de la crise economique: Battles (Grenoble), Marchal (Lorient), Ebondo (Toulouse) et Bocanegra (Rennes). Ils pallient ainsi le départ de Dabo au FC Séville tout en encadrant les jeunes du centre de formation (Riviere, Benalouane, Andreu,...) sur les conseils de Rocheteau, président du conseil de surveillance.

 

 

 


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equipe 63 64equipe 1957verts 010equipe 69

 

 1956 1957

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2ème Rang: François Wicart (34m/1b), René Ferrier (28m/3b), Claude Abbes (34m), Richard Tylinski (34m), René Domingo (34m/5b), Emile Wassmer (10m)
1er Rang: Jean Oleksiak (14m/1b), Rachid Mekhloufi (30m/25b), Eugène N'Jo Léa (32m/29b), Kees Rijvers (33m/9b), Bernard Lefèvre (29m/10b)
Effectif supplémentaire: Juan Casado (3m), Armand Fouillen (10m/4b), Yvon Goujon (5m), Georges Peyroche (19m/1b), Michel Tylinski (25m), Jean Snella (Entr)

 

1963 1964

 

 equipe 63 64 2ème Rang: Juan Casado (31m), Richard Tylinski(31m), René Domingo (17m), Nello Sbaiz (23m), Pierre Bernard (32m), Georges Polny (23m)
1er Rang: Jacques Foix (32m/7b), Robert Herbin (33m/10b), André Guy (32m/28b), Rachid Mekhloufi (34m/16b), Jacques Veggia (7m)
Effectif supplémentaire: Jean-Claude Baulu (8m/2b), Régis Courbon (5m), René Donoyan (2m), Gérard Epalle (2m/1b), René Ferrier (14m/1b), Joseph Hartmann (3m), Aimé Jacquet (2m), Jean Masson (2m), Roland Mitoraj (10m), Frédéric N’Doumbé (14m/1b), Robert Salen (17m/2b), Jean Snella (Entr)

 

  1966 1967

cacaca

3ème Rang: Aimé Jacquet (36m/5b), Robert Philippe (2m), Pierre Bernard (36m), Jean Snella (Entr), Hervé Révelli (34m/31b), Nello Sbaiz (29m)
2ème Rang: Georges Polny (38m), Bernard Bosquier (37m/6b), Yves Triantafilos (1m), Robert Herbin (20m/6b), Roland Mitoraj (24m)
1er Rang: Ginès Gonzales (17m), Rachid Mekhloufi (38m/12b), Georges Béréta (20m/4b), André Fefeu (33m/9b), Frédéric N'Doumbé(22m/1b)
Effectif supplémentaire: Fernand Barek (4m), Francis Camérini (5m), Jean-Michel Larqué (22m/7b) 

 

 

1967 1968

 equipe 1967 1er Rang: Rachid Mekhlouf (30m/7b), Bernard Bosquier (36m/4b), Francis Camérini (8m), Robert Herbin (27m/3b), Georges Polny (36m), Hervé Révelli (32m/23b), Vladimir Durkovic (34m), Georges Carnus (38m), Salif Keita (18m/12b), Roland Mitoraj (37m/4b), Aimé Jacquet(35m/3b), Jean-Michel Larqué (21m/5b), André Fefeu (27m/9b), Georges Béréta (36m/5b), Frédéric N'Doumbé (11m)
Effectif supplémentaire: Gérard Farison (1m), Patrick Parizon (1m), José Pelletier (2m), Albert Batteux (Entr)

 

1968 1969

 

  iuys2ème Rang: Aimé Jacquet (31m/3b), Bernard Bosquier (33m/4b), Georges Polny (29m), Georges Carnus (32m), Roland Mitoraj (34m), Vladimir Durkovic (29m)
1er Rang: André Fefeu (22m/5b), Jean-Michel Larqué (19m/2b), Hervé Révelli (31m/22b), Salif Keita (33m/21b), Georges Béréta (33m/7b)
Effectif supplémentaire: Francis Camérini (23m), Robert Herbin (26m/6b), Gérard Migeon (2m), Frédéric N’Doumbé (9m), Albert Batteux (Entr)

 

1969 1970

 69 2ème Rang: Robert Herbin (18m/4b), Georges Carnus (30m), Bernard Bosquier(34m/3b), Georges Polny (28m/2b), José Broissart (15m/1b), Vladimir Durkovic (24m)
1er Rang: Spasoje Samardzic (15m/3b), Aimé Jacquet (23m/4b), Hervé Révelli(31m/28b), Salif Keita (31m/21b), Georges Béréta (32m/9b)
Effectif supplémentaire: Francis Camérini (22m), Gérard Farison (10m), Jean-Michel Larqué (28m/9b), Gérard Migeon (4m), Roland Mitoraj (19m), Patrick Parizon (12m/2b), José Pelletier (3m), Patrick Révelli (1m), Albert Batteux (Entr)

 

 

1973 1974

  caca2ème Rang: Pierre Repellini (34m/1b), Alain Merchadier (30m/1b), Osvaldo Piazza (32m/4b), Christian Synaeghel (36m/6b), Gérard Farison (34m/4b), Ivan Curkovic (38m)
1er Rang: Patrick Révelli (35m/14b), Jean-Michel Larqué (33m/7b), Hervé Révelli (34m/20b), Georges Béréta (36m/6b), Christian Sarramagna (17m/3b)
Effectif supplémentaire: Dominique Bathenay (29m/1b), José Broissart (1m), Gérard Janvion (9m/2b), Christian Lopez (23m/4b), Dominique Rocheteau (4m), Michel Rouquette (3m), Jacques Santini (2m), Robert Herbin (Entr)

  1974 1975

 

 NUA3D0~1 2ème Rang: Ivan Curkovic (38m), Gérard Janvion (22m/1b), Osvaldo Piazza (36m/2b), Gérard Farison (26m), Christia Lopez (37m/4b), Dominique Bathenay (32m/6b)
1er Rang: Christian Synaeghel (24m/5b), Patrick Révelli (28m/6b), Hervé Révelli (35m/13b), Jean-Michel Larqué (33m/9b), Christian Sarramagna (10m)
Effectif supplémentaire: Georges Béréta (19m/2b), Jean-Louis Cazes (1m), Félix Lacuesta (1m), Jean-François Larios(1m), Alain Merchadier (17m/2b), Pierre Repellini (19m/2b), Dominique Rocheteau (4m), Jacques Santini (19m/5b), Yves Triantafilos (29m/11b), Robert Herbin (1m/1b/Entr)

 

 

1975 1976

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  2ème Rang: Ivan Curkovic (38m), Gérard Janvion (32m/1b), Gérard Fariso (28m), Dominique Bathenay (34m/4b), Osvaldo Piazza (35m/4b), Christian Lopez (38m/1b), Christian Synaeghel (20m/3b)
1er Rang: Dominique Rocheteau (22m/11b), Jean-Michel Larqué (32m/5b), Hervé Révelli (29m/12b), Christian Sarramagna (11m/4b)
Effectif supplémentaire: Hugues Boury (1m), Félix Lacuesta (8m/1b), Jean-François Larios (5m/2b), Alain Merchadier (4m), Pierre Repellini (19m/2b), Patrick Révelli(24m/5b), Jacques Santini (34m/4b), Jean-Marc Schaer (17m/3b), Yves Triantafilos (6m/2b), Dominique Vésir (2m/1b), Robert Herbin (Entr)

 

1980 1981

  ghttr2ème Rang: Gérard Janvion (37m), Patrick Battiston (38m/4b), Jacques Santini (21m), Bernard Gardon(37m), Christian Lopez (38m/1b), Jean Castaneda (35m)
1er Rang: Johnny Rep (32m/14b), Laurent Roussey (36m/12b), Michel Platini (35m/20b), Jacques Zimako (30m/5b), Jean-Marie Elie (15m)
Effectif supplémentaire: Eric Bellus (5m), Ivan Curkovic (3m), Jean-François Larios (31m/5b), Thierry Oleksiak (1m), Laurent Paganelli (25m/3b), Jean-Louis Zanon (22m/3b), Robert Herbin (Entr)

 


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Le 12 mai 1976, les deux meilleures équipes d’Europe s’affrontent dans le mythique stade d’Hampden Park à Glasgow. Les Verts sont forts de deux doublés nationaux Coupe-Championnat, alors que les Allemands sont doubles tenants du titre Européen.

Pour arriver jusqu’en finale, St-Etienne a battu le FC Copenhague, les Glasgow Rangers, le Dynamo Kiev et le PSV Eindhovent. De son côté le Bayern de Munich a battu l’AS Jech, Malfö, le Benfica Lisbonne et le Real de Madrid.

Composition des équipes

Bayern Munich : Sepp Maier ; Johnny Hansen, Hans-Georg Schwarzenbeck, Franz Beckenbauer, Udo Horsmann ; Franz Roth, Bernd Dürnberger, Jupp Kapellmann ; Karl-Heinz Rummenigge, Gerd Müller, Ulrich Hoeness. Entraîneur : Dettmar Cramer.

AS Saint-Etienne : Ivan Ćurković ; Gérard Janvion, Oswaldo Piazza, Christian Lopez, Gérard Janvion ; Dominique Bathenay, Jacques Santini, Jean-Michel Larqué ; Patrick Revelli, Hervé Revelli, Christian Sarramagna (remplacé par Dominique Rocheteau, 83′). Entraîneur : Robert Herbin.

La feuille de match Stéphanoise ne compte pas Dominique Rocheteau en tant que titulaire, ni Christian Synaeghel et Gérard Farison, restés sur le banc. Les 25 000 spectateurs Stéphanois présents et les milliers de Français devant leur téléviseurs rêvent d’une première victoire Française en Coupe d’Europe.

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Le début du match est assez équilibré, les Verts font jeu égal avec Munich et se procurent même quelques occasions intéressantes.

Les meilleures actions sont d’ailleurs à mettre à l’actif des Verts, qui font subir une légère domination aux Allemands. Dominique Bathenay ratent le coche en propulsant une frappe puissante sur la barre transversale. Tout comme Jacques Santini quelques minutes après, qui voit son ballon s’écraser sur ces fameux poteaux carrés, après un très bon coup de tête.

Et oui car à l’époque les montants de buts du stade de Glasgow ne sont pas ronds mais carrés, et la FIFA n’impose pas encore de restrictions dans ce domaine. Les spécialistes et les supporters disent aujourd’hui qui si ces poteaux avaient été ronds, alors St-Etienne serait surement Champion d’Europe 1976, mais bon, avec des Si on refait le monde.

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A la 57e minute et après ces actions malheureuses, les Verts concèdent un coup franc dangereux à l’entrée des 16 mètres 50. Les Allemands le jouent très rapidement et Franz Roth ouvre cruellement le score, après une passe du grand Beckenbauer.

Les Verts font alors tout pour remonter ce léger avantage, mais la défense allemande résiste jusqu’au bout.

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L’entrée de Dominique Rocheteau en toute fin de match ne changera rien, malgré quelques offensives de l’attaquant Français. Munich gagne la rencontre et devient pour la troisième fois consécutive, Champion d’Europe.

Les joueurs de l’ASSE sont dépités, tout comme le public et les téléspectateurs Français. Tout le pays soutenait cette génération verte, qui a pu se consoler avec un titre de Champion de France quelques jours après.

Après une descente triomphale des Champs-Elysées, l’équipe au complet a été reçue par le Président de la République de l’époque, Valéry Giscard d’Estaing.

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Depuis cette rencontre, les supporters Stéphanois entendent encore résonner les poteaux de Glasgow jusque dans le Chaudron. C’est quelque temps cette histoire que la FIFA imposa à tous les stades de football de disposer de poteaux ronds, et non plus de poteaux carrés.

Cette génération aurait largement méritée cette victoire, qui aurait été la première dans l’histoire du Football Français. Mais malgré tout cela les Verts de 76 sont devenus des légendes, que toute la France d’hier et d’aujourd’hui connaît, reconnaît et admire.

 


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Il est de ces matchs légendaires qui résistent à l’épreuve du temps. Si les remontées déjà improbables contre le Bayern Munich (0/2,3/0) en 1969 et contre Hadjuk Split (1/4,5/1) en 1974 ne seront jamais oubliées, comment qualifier ce match contre les Ukrainiens? Incroyable, magique, les mots en manquent. Et quand ces 120 minutes d’anthologie donnent naissance au mythe Stéphanois, les poteaux carrés, la magie Verte à travers une finale Européenne, il ne nous est plus possible de définir l’indéfinissable.

  Mercredi 17 mars 1976,
À Geoffroy-Guichard
Saint-Etienne bat Dynamo Kiev : 3-0 (0-0)
37.737 spectateurs
Arbitre : M. Gonella (Italie)
Buts : Hervé Revelli (64e), Larqué (71e) et Rocheteau (112e)

 

Compositions

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ASSE : Curkovic - Janvion, Piazza, Lopez, Farison - Larqué ( puis Santini, 80e), Bathenay, Synaeghel - Rocheteau, Hervé Revelli, Sarramagna ( puis Patrick Revelli, 46e)

Dynamo Kiev : Rudakov - Trochkine, Fomienko, Rechko, Bladrienka - Konkov, Burjak ( puis Damine, 82e), Kolotov, Vieremiejev - Onitchenko, Blokhine.

 

 

Le Contexte

A la fin de l’hiver 1975, l’ASSE caracole à nouveau en tête du classement de la 1ère Division.
Qualifiée pour les ¼ de finales de la Coupe d’Europe des Clubs Champions, le sort lui attribue le Dynamo de Kiev qui la dynamite 2-0 ( fort heureusement pour l'ASSE, le score aurait pu être plus lourd) à l’aller à Simferopol.

Avant même que la Caravelle spéciale d'Air France ne se pose dans la nuit sur l'aéroport de Bouthéon, des premières conversations
entre les joueurs font croire que l'irrémédiable na' pas été commis. Un raisonnement qui, objectivement, tient debout, commence à se faire jour. Un retard de 2 buts ne constitue pas en effet un handicap insurmontable dans cette forme de compétition. Les Stéphanois eux-mêmes l'ont déjà démontré.
Après Kiev, Saint-Etienne fait le dos rond, étouffe ses rancoeurs. C'est le triumvirat Rocher-Garonnaire-Herbin qui a décidé de l'attitude, après une réunion dans le bureau présidentiel. L'ASSE règle ses affaires en famille.
On rencontre un Herbin des jours sans joie et des colères rentrées : visage fermé, tignasse flamboyante, lèvres serrées. Et ce regard glacial qui dévisage, fixe et pénètre jusqu'à l'insoutenable.
Le Rouge fait la gueule.Un séisme a été enregistré, les fondations ont légèrement tremblé. Phénomène perceptible pourtant :
l'apparence d'une fissure. Aussitôt, Herbin l'a colmatée. Il était temps. Il y avait de la grogne dans le retour de Simferopol.

C'était évident, plusieurs joueurs avaient flanché en Crimée. Larqué notamment. Les autres ne l'admettaient pas. Quelques accusations sévères au détour de considérations techniques. Amertume des remplaçants. Et des silences gênés.

Il ne manquait plus que la punition annoncée solennellement annoncée par l'entraîneur, mécontent. Elle n'a pas eu lieu.
Robby martèle ces mots : '' Je juge mon équipe dans son ensemble. Je me charge d'évoquer les cas individuels au cours d'entretiens particuliers. Cela concerne Saint-Etienne et moi. Nous sommes tous responsables.''

Herbin venait de sortir du bureau du Président Rocher. Entrevue d'un quart d'heure en présence de Garonnaire. L'Etat-Major réuni décidant de l'attitude à suivre. Un mot d'ordre adopté à l'unanimité : Préserver l'unité.

Maintenant, le Président approuve la déclaration de Robert Herbin : '' Herbin assume sa charge. C'est une attitude typiquement stéphanoise. Après coup, il y a des vérités qui apparaissent brusquement. L'important est qu'elles servent pour l'avenir.''

C'est surtout l'avenir immédiat que le Président veut préserver en assurant la cohésion jusqu'au match retour. Après, on verra.
Evidemment, si les Verts passent le cap des quarts de finale, les problèmes s'atténueront d'eux-mêmes. A cause de la réussite.
"Mais, pour arriver à éliminer Kiev, déclare Rocher, il faut absolument faire bloc et ne pas répandre partout nos imperfections. Eloignons les doutes et trouvons de la force dans la confiance collective. Restons près les uns des autres."

Pierre Garonnaire, lui aussi, prend un ton rassurant : '' Tout le monde a l'air troublé par le match de Simferopol, pas nous."
Herbin enchaîne : '' Nous savons que nous n'avons pas présenté notre visage européen et c'est pour cela que nous avons hâte de jouer le match retour."

Saint-Etienne motus. Saint-Etienne prépare son rachat. Alors, un formidable sursaut d'orgueil est prévisible. Surtout de la part de Jean-Michel Larqué qui est au centre de la mini-crise stéphanoise, vite étouffée. Larqué, qui était le plus marqué, lors du premier entraînement après le match aller, à part, mains dans les poches de son survêtement, traînait les pieds, tournait en rond.
Christian Lopez l'appela plusieurs fois et Larqué secoua la tête : '' Je ne peux pas, j'ai mal. ''
Un trop plein d'amertume l'amenait à la confession : '' Ma défaillance physique est une surprise. Je pensais être prêt. Mais elle a été d'autant plus visible que j'évoluais à un poste inhabituel. Je crois que le dispositif défensif n'a pas été assez équilibré.''

Petite critique de la stratégie, gommée aussitôt par une réserve : '' Kiev a présenté des problèmes inconnus. C'est normal que nous ayons fait des erreurs.''

Et puis, consécutivement à tous ces événements, une envie folle de tout oublier, et de recommencer. C'est presque une certitude : Saint-Etienne serrera les rangs jusqu'au 17. Silence et discipline.
Changement de décor pourtant à Saint-Etienne. A deux jours du match, les champions de France n'ont pas leur sérénité habituelle.
Ils semblent au contraire énervés, agacés, impatients. L'ASSE prépare son coup de commando.
- Sarra, tu dors , Sarra bats-toi.
- Christian, tu fais n'importe quoi.

Paroles qui claquent. Un ton désagréable. Robert Herbin s'acharne sur sa tête de Turc du jour : Christian Sarramagna.
Et l'entraînement devient pénible. Les Stéphanois, divisés en 2 groupes de 6, s'affrontent sur un terrain de handball, dans un petit match où seule la tête est autorisée. L'exercice est classique à Saint-Etienne, mais l'agressivité est inhabituelle. Tous les Stéphanois paraissent nerveux, fébriles, excédés. Christian Sarramagna surtout, qui court dans tous les sens. Il n'est pas un spécialiste du jeu de tête. Il possède un pied gauche magique, et cela suffit à faire de lui un footballeur talentueux. En ce moment, il se fait violence et Robby ne le lâche pas. Il le poursuit de ses piques acerbes. Il le pousse à bout. Quelques joueurs s'en mêlent, approuvent leur entraîneur par des gestes significatifs, donnent de la voix et interpellent à leur tour Sarramagna : '' Sarra, fais attention, ce n'est vraiment pas possible.''

Fin de l'entraînement, Sarramagna fonce tête baissée vers les vestiaires. Il a l'air furieux et profondèment vexé : '' Encore une fois, c'est moi qui ai payé. J'en ai marre ! Un jour, je quitterai l'entraînement et on ne me reverra plus. Je n'ai même plus envie de jouer. ''

Pendant ce temps-là, l'ambiance n'est pas très joyeuse non plus, dans la salle des soins. Le masseur du club alterne le chaud et le froid sur le mollet de Dominique Rocheteau. Oeil triste et propos pessimistes : '' Je commence à m'inquiéter. Je pense sans arrêt au match, mais j'ai toujours mal. Décision mercredi matin. Ce n'est vraiment pas une préparation idéale.'' Pessimiste l'Ange Vert.

Plus loin Curko dit : '' Qu'est-ce que ça peut faire si Rocheteau ne joue pas ? Patrick Revelli l'a prouvé : il a la classe.''
Patrick Revelli hausse les épaules, il fait de l'ironie, la voix est mal assurée : '' Tout le monde dans cette équipe a maintenant sa place bien déterminée. Mais on continue à me balader d'un poste à l'autre. Ou alors, on me remet sur la touche.''
Soupir. Puis il ajoute plus fort : '' Que je joue ou que je ne joue pas, ça m'est bien égal.'' Et il s'en va, en traînant des pieds, l'allure faussement décontractée.

C'est l'ASSE qui s'énerve, danse d 'un pied sur l'autre, tourne en rond an voyant arriver le Dynamo Kiev. Saint-Etienne transformé par l'impatience. Et les Stéphanois se chamaillent en attendant l'exutoire : le choc, délivrance des passions mal contenues. Une agitation nouvelle qui tranche brutalement avec le calme plat de la fameuse sérénité stéphanoise.

Une mini-tempête, certainement provoquée volontairement.
Robby dit trop souvent : '' Mes joueurs vont bousculer les soviétiques.'' pour que ça ne dénote pas un climat entretenu sciemment. Dans la fièvre, les Stéphanois préparent une psychose-commando. L'esprit guerrier de Split est recréé. La promesse d'un match combat chargé de "violence". Robby ne le cache pas en déclarant qu'il faudra jouer le tout pour le tout.

Le Match

 

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Une ville, un stade. Une foule énorme qui hurle sa foi, qui crie sa confiance et qui pense que les miracles ont toujours lieu. A Geoffroy-Guichard, Herbin enferme ses joueurs entre quatre murs.
Une consigne, une seul : pressing total. Dans les vestiaires, les Verts, concentrés à l’extrême, blêmes, silencieux, entendent les clameurs. Ils savent que ce soir encore, ils pourront puiser leur 12ème force dans le soutien inconditionnel de 40.000 personnes
enchaînées à leur cause. Car ils sont là, certains depuis 4 ou 5 heures. Ils sont venus de partout, de Saint-Etienne, de la région, des 4 coins de France, pour gagner leur match, gagner un peu celui des Verts. C’est un spectacle qui ne s’écrit pas, car on ne peut traduire l ‘émotion, les coups de cœur aussi fortement que les spectateurs les ont ressentis ce soir-là. Les Verts sont décidés à prendre tous les risques. Et tout leur réussit. Il fait chaud dans le Chaudron, comme il faisait triste et froid à Simferopol.

Les premières minutes sont haletantes car on les voudrait décisives. Les Soviétiques sont pris à la gorge. La domination stéphanoise est totale, souveraine, beaucoup plus massive et spectaculaire que celle du Dynamo à Simferopol. La tension monte à chaque accélération des Verts. Les soviétiques, froids, calculateurs, n’ont pas le loisir de raisonner. Pas question
de pouvoir geler le jeu devant le pressing incessant des diables verts. Piazza déchire la défense de Kiev, mais Larqué ne peut exploiter la situation. Farison, qui a abandonné le marquage d'Onitchenko, pique au centre et tire dans la foulée. Rudakov concède le corner.

2 minutes plus tard, Larqué expédie un tir-canon. Rudakov ne peut bloquer mais Rejko sauve de justesse devant Hervé Revelli.
Après cette flambée initiale, l'ASSE éprouve légitimement le besoin de souffler. Rocheteau (tête), Farison (tir) sont encore dangereux mais ce sont les soviétiques qui terminent le plus fort cette mi-temps par 2 actions de l'inévitable Blokhine, mais Janvion et Curkovic veillent. Les Verts regagnent les vestiaires comme à regret. 0-0 à la mi-temps.

Durant le repos, les spécialistes font la grimace, mais il n'est pas un spectateur pour se résoudre à l'élimination. De son côté, Herbin conseille ses hommes : "Prenez patience, continuez, ça va passer ".

A la reprise, Patrick Revelli remplace Sarramagna, blessé à la cheville. Le jeu reprend sur le même mode : calme soviétique, pression stéphanoise. Les minutes passent trop vite. Rocheteau, Larqué provoquent des arrêts-réflexes de Rudakov mais rien ne passe. Les Ukrainiens font circuler le ballon par un redoublement de passes latérales. Voilà même qu’ils tentent quelques incursions offensives. Et le doute commence à s’insinuer. D’autant que Rudakov, l’immense gardien du Dynamo (1,92 m) réussit le sans-faute.

On en arrive alors à cette fabuleuse 65éme minute qui restera historique dans les annales du club. Blokhine, en position de contre, a récupéré le ballon sur l'aile droite. Il grille Janvion.
Il file balle au pied, élimine Lopez, le dernier défenseur, d’une petite feinte. Le but s’ouvre devant lui, avec le seul Curkovic, qui a toutefois réduit l'angle, pour le défendre. Tout le monde
voit déjà le ballon au fond des filets. Mais non. Au lieu de tirer au but, ou de passer la balle à Onitchenko qui est seul, lui aussi, sur sa gauche, Bokhine commet le pêché d’orgueil. Il tente de crocheter Lopez, revenu à toutes jambes. L’erreur fatale… Lopez, en effet, lui souffle le ballon. Dans le contre qu’il amorce, il transmet à Piazza, lequel, crinière au vent, lance Patrick Revelli qui, sans contrôle et de l’extérieur du pied réussit, d’une pichenette, à prolonger le ballon vers son frère Hervé. Rejko est lobé. Piazza est là, mais Hervé Revelli est le plus prompt. Déporté sur la gauche, il tire instantanément avec précision. Rudakov resté figé sur sa ligne, est battu. Le stade explose, croule sous l'ovation.
Une minute s'est écoulée entre l'erreur de Blokhine et l'exploit d'Hervé Revelli. Une minute entre le drame et l'espoir, la minute la plus folle qu'un match de cette importance ait jamais fourni. Si Blokhine avait concrétisé sa magnifique percée qui devait être la seul menace véritable pour le but de Curkovic,la tâche des Stéphanois serait devenue insurmontabe. Il aurait fallu qu'ils marquent 4 buts en 25 minutes pour espérer se qualifier.

Il ne reste que 25 minutes à jouer. L'ASSE trouve alors son second souffle dans un stade en délire. Les soviétiques sentent la panique les gagner. 5 minutes après le but de l'espoir, Hervé Revelli, à la hauteur des 18 mètres, est bousculé par Rejko, bénéficie d’un coup-franc en position idéale. A 20 mètres, dans l’axe du but, Larqué se précipite sur le ballon. Rocheteau lui indique un espace sur la droite, Larqué brosse la balle de l’intérieur et le ballon part, comme téléguidé. Elle s'engouffre avec une précision diabolique au ras du poteau gauche de Rudakov. C'est comme si le tonnerre éclatait dans le stade. Larqué est submergé sous l’étreinte de ses coéquipiers. Tout est à refaire pour les soviétiques. Tout recommence pour l'ASSE.

Le dernier quart d'heure de ce match au couteau, Hitchkock lui-même, ne l'aurait pas désavoué. La qualification se trouve sur une lame de rasoir, prête à basculer dans l'un ou l'autre camp.
Larqué doit quitter le terrain à la 80 éme minute à cause d’une contracture. Santini le remplace. Se noue alors un petit drame, car Rocheteau est blessé lui aussi. Il souffre du mollet mais il est contraint de rester à son poste. Hervé Revelli devient capitaine. Il le sera pour une prolongation de légende car le coup de sifflet final de l'arbitre vient apporter le soulagement dans des coeurs qui battent trop vite.

Ces images d'avant-prolongations resteront dans les mémoires de tous les spectateurs et téléspectateurs de l'époque. En effet, c’est une équipe vidée qui s’affale sur le terrain. Images hallucinantes. Poty, le toubib, Chassagne et Filliol, les masseurs, vont de l’un à l’autre. On se passe des bouteilles d’eau. Les Stéphanois, couchés, assis, le visage dans les mains, les yeux cernés, paraissent au bout des limites de la résistance humaine.
Herbin conseille, encourage. Janvion a des crampes. Hervé Revelli aussi. Cette longue marche prend des allures de chemin de croix. Au rappel de l’arbitre, c’est une équipe encore groggy, mais régénérée moralement qui s’élance pour le rush final.
A coups de souffrance, de douleur, de sueur, ils tiennent tête dans un premier temps aux assauts de soviétiques soudain revigorés.
Rocheteau est sur une jambe. Il demande à sortir, Herbin ne l’entend pas. On assiste à la dramatique la plus palpitante de l'année. Puis Piazza tombe à son tour, vaincu par les crampes et les coups. Mais la foule, qui s’abandonne, l’oblige à se relever. Kiev en profite pour lancer quelques flèches mais Curkovic sort le grand jeu notamment sur un tir de Matvienko. Fin de la première prolongation.

Et puis, voilà la 112e minute. Santini, sur l’aile droite, réalise un peti chef d'oeuvre technique, évite Konkov, attire deux défenseurs et glisse le ballon entre eux à Patrick Revelli. Le parcours de l'indomptable Patrick est extraordinaire de détermination. Il élimine d'un dribble long Trochkine, à quelques centimètres de la ligne de but. La balle paraît même sortir. Il redresse le ballon dans un effort désespéré et centre en retrait. Son frère Hervé, s'est précipité, attirant à lui 2 défenseurs. Rocheteau est là, seul au point de pénalty, et reprend instantanément de l'intérieur du pied droit. Le ballon file. Les filets tremblent. La folie dans les tribunes, les coeurs qui chavirent.

Il reste 8 minutes à jouer, angoissantes, éprouvantes.
Les Soviétiques plus fatigués qu'on pouvait le penser, se montrent incapables de coordonner leurs actions. D'autant que l'arbitre italien oublie de siffler un pénalty pour fauchage d'Onitchenko par Bathenay à la 102 ème et prive les Ukrainiens d'une seconde chance de but. On ne sait quel miracle d'énergie permettra aux Stéphanois d'éloigner le ballon, chaque fois et toujours, jusqu'à ce que M. Gonella délivre les supporters. S'ensuivit alors, une inoubliable ovation qui ne s'arrêta que 8 minutes après. L'ASSE vient de repousser les limites du possible. Le monstre soviétique est abattu et il ne comprend pas. Split non plus n'avait pas compris.
Tous ont donné le meilleur d'eux-mêmes pour éliminer une formation soviétique sans conteste supérieure à sa rivale mais qui a perdu toute sa maîtrise collective face à l'emprise déterminée des Français.

Ce succès gigantesque, ce triomphe inimaginable d'une équipe qui a su conjuguer ses forces jusqu'à l'épuisement total, sensibilise l'hexagone tout entier. Le lendemain, dans l'envoi du volumineux courrier que l'exploit suscite, un télégramme témoigne de l'audience de l'événement : '' Bravo Saint-Etienne ''. Il est signé du Président de la République, Valéry Giscard d'Estaing.

L'analyse du match

Une nouvelle fois, les Stéphanois se sont mis à l'heure hollandaise : c'est-à-dire à la pratique d'un pressing constant qui consiste à faire jouer l'adversaire dans son propre camp. Il est évident que l'habitude qu'ont les joueurs de Kiev, en fait l'équipe de l'URSS, de geler le ballon dans leur propre camp, de le faire tourner, en attendant de trouver la faille pour placer la contre attaque, convenait fort bien aux intentions stéphanoises de ne leur laisser aucun répit. On assista constamment à des erreurs de passes, courtes ou longues, à des paniques exprimées dans des dégagements en touche ou dans les tribunes, ou à des renvois si hasardeux qu'ils firent en général le bonheur de Lopez ou de Piazza, sans adversaires dans l'axe central, qui pouvaient en toute quiétude aider Janvion dans sa surveillance, très virile, de Blokhine et Farison dans celle d'Onitchenko.

Maîtres du ballon la plupart du temps, face à 11 soviétiques très vite repliés dans leur camp, comment les Stéphanois tels qu'on les connaît pouvaient-ils prendre en défaut les soviétiques, littéralement barricadés ? Quand Lopez recevait une passe à la main de Curkovic qui effectua un minimum de dégagements au pied, Hervé Revelli se tenait déjà dans les 18 mètres adverses,
dans bien des cas en compagnie de son garde du corps Reschko et du libéro Fomienko. De même, Blokhine et Onitchenko participaient activement au travail défensif. Ne vit-on pas Farison tirer au but d'environ 30 mètres alors qu'il était poursuivi par Blokhine ? Il est évident que dans de telles conditions tactiques, l'utilisation des ailes s'imposait.

Mais, durant la première mi-temps, ni Rocheteau, très étroitement surveillé et qui a besoin de champ, ni Sarramagna touché au bout d'un quart d'heure par Onitchenko, ne purent déborder. Si bien que les centres véritables furent rares. Pourtant sur l'un deux (15e), Hervé Revelli laissa filer la balle de Rocheteau entre ses jambes pour Farison qui fut contré, comme il l'avait fait en faveur
de Larqué qui avait mené une action en tandem avec Piazza quelques minutes auparavant. Hervé Revelli, qui devait faire un grand match dans un rôle très difficile à la pointe du combat, la plupart du temps dos au but adverse, et à la lutte sur toutes les balles aériennes, parfois victorieusement, avait pour charge de remiser en retrait ou de dévier comme il excelle à le faire. Il est heureux que l'aîné des Revelli pour son 26 ème match de Coupe d'Europe ait reçu la première ovation du public. A l'annonce de la composition des équipes, il avait été le seul, après tous les soviétiques, à avoir entendu les sifflets... Appelé à sauter, à dévier, à devancer, à couper, à poursuivre, à recevoir le ballon dans les conditions les plus mauvaises, et dans la zone la plus chaude, il marqua un but tout en finesse. Surgissant au rebond du ballon, d'une poussée de la poitrine, il s'ouvrit le chemin du but. Et d'un revers, comme on le fait au tennis-ballon, il assura le coup
et prépara la suite. On peut souhaiter que ceux qui le critiquent injustement aient enfin compris l'ingratitude de son rôle mais également sa grande utilité. Sa position, et la fixation permanente de deux adversairs facilitèrent les percées dans l'axe central où s'illustrèrent Piazza, Farison, auteur de deux tirs dans le cadre, ainsi que Jean-Michel Larqué jusqu'à la mi-temps.
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Ensuite, l'entrée en jeu de Patrick Revelli permit d'élargir le champ de jeu et le danger se rapprocha du but de Rudakov qui eut à repousser des centres plus précis, des tirs très durs, notamment de Larqué, et vit passer, au ras du poteau deux essais de Piazza et Farison avant la 64 ème minute. Il fallut attendre le second but pour voir les soviétiques abandonner cette prudence habituelle, dont il ne faudrait pas oublier qu'elle leur avait toujours réussi jusqu'ici, y compris dans les 2 matchs contre le Bayern. Dès lors, l'occupation du terrain fut plus équilibrée, mais les meilleurs mouvements furent à metttre au crédit des stéphanois. et plus particulièrement de Patrick Revelli, avant et pendant les prolongations, soit par l'intermédiaire de une-deux avec Rocheteau, son frère, Piazza ou Synaeghel, avant son action décisive. Il reste que M. Gonella ne voulut pas voir le pénalty de la 102 ème minute. Estimait-il qu'il aurait fait un véritable cadeau aux Ukrainiens s'il avait sanctionné la faute ou craignait-il la réaction du public ? Car, il est indiscutable qu'il y a une communion entre ce public tout acquis et les joueurs. Il y avait plus de 37.000 spectateurs dans ce stade fort bien conçu pour le football, jusque sur les toits, ce qui est fort dangereux mais tellement révélateur de la ferveur verte...

Ils ont dit

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Robert Herbin : "J’avais dans l’idée que nous pouvions détraquer l’ordinateur de Kiev, nous possédions une petite chance de succès.
Pour cela, il fallait que les joueurs, par leur volonté, leurs assauts incessants, perturbent psychologiquement les Russes. Ils ont été admirables et Kiev a été assommé. Ce match, par ses rebondissements, ses qualités techniques, a été à mon sens un spectacle total dans l’idéal du football.’’

Dominique Rocheteau : '' Le samedi précédent, le niçois Douis m'avait blessé au mollet et je n'étais pas certain de jouer en Coupe d'Europe, ou du moins je pensais ne pas pouvoir tenir toute la rencontre. Je me suis soigné énergiquement et puis... ce fut l'engrenage... Nous sommes entrés sur le terrain surmotivés. Nous avons tout tenté en 1ère mi-temps, sans résultat. Il faut bien avouer que nous avons pratiqué un hourrah football au détriment d'un jeu très élaboré. Mais nous avons tant poussé que les soviétiques ont fini par craquer. La chance était encore au rendez-vous. Personnellement, je suis allé au-delà de mes possibilités physiques. Je voulais sortir avant les prolongations. La douleur et les crampes au mollet étaient insoutenables. Je marchais sur les talons ! Herbin, pourtant, a refusé que je quitte le terrain. Il m'a demandé de rester en embuscade... Et puis, je l'ai vue arriver cette balle. En face, Rudakov m'a paru énorme dans sa cage. Je ne sais plus si j'ai repris le centre de Patrick de volée ou si j'ai attendu le rebond... Ensuite, insensible à la douleur, je suis parti comme un fou crier ma joie avant de m'effondrer dans les vestiaires en pleurant... ''


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En cet automne 80, après les disparitions attendues de Nantes en C1 et de Monaco en C2, ne restaient plus que Sochaux et St-Etienne en C3.
Le tirage au sort des huitièmes de finale nous offrit une double confrontation Franco-Allemande fixée au 26 novembre.
Les Lionceaux Sochaliens affronteraient l’Eintracht Francfort alors que l’épouvantail Hambourg se mettrait en travers de la route des Verts…du moins le pensèrent-ils …héhéhé…
Confrontation qui commença exactement une semaine auparavant, à Hanovre, avec le match amical opposant les Bleus à l’Allemagne (fort de son titre de Champion d’Europe acquis quelques mois plus tôt en Italie)…pour une sévère défaite des tricolores 4 buts à 1.
Qu’est-ce qu’il avait pas dit là !!!
L’est fou le teuton !!
Il est inconscient ou quoi ??
L’a pas encore compris que c’est quand on l’titille que notre Platoche national se montre le plus hargneux, le plus mordant, le plus cinglant, le plus…plus !!

Rendez-vous est donc pris pour ce match aller en territoire germanique.
Il faut reconnaître qu’elle a de quoi faire peur cette équipe allemande.
Certes, elle a perdu à l’intersaison Kevin « Mighty Mousse » Keegan reparti en Angleterre, à Southampton.
Mais elle est revancharde.
Elle vient de perdre la finale de C1 quelque mois plus tôt contre Nottingham Forest et a terminé seconde de son championnat et peut compter sur un groupe homogène qui a les crocs…

Ce soir-là, 37 000 spectateurs remplissent le Volkparkstadion. Suffisants, goguenards et sûr de leur supériorité, ils sont certains de voir encore une fois « leurs voisins français » s’en prendre quelques’uns dans la musette…

Mais il y’a 3 facteurs essentiels qui vont leur échapper. Et aux spectateurs et, surtout, aux joueurs hambourgeois.
1/ L’ASSE n’a toujours pas digéré son humiliation du mois de Mars précédent (élimination par le Borussia Möenchengladbach 6-1 sur l’ensemble des deux matchs)
2/ De l’équipe de France défaite une semaine avant, il y’avait 5 stéphanois sur le terrain. Lopez, Janvion, Larios, Zimako…et Platini.
3/ Robert Herbin n’est pas né de la dernière pluie.
Il a parfaitement étudié le jeu des allemands.
Il sait qu’en plaçant Larios au poste d’avant centre, de par sa carrure, il gênera la charnière centrale Jacobs-Hieronymus un peu fragile.
Gérard « Doudou » Janvion en milieu défensif, chargé de museler Memmering.
Et surtout le coup de génie !!!
La clef essentielle de ce succès historique fut d’ordonner à cette « feignasse » de Johnny Rep d’accomplir-pour une fois-un travail obscur MAIS ô combien prépondérant.
A savoir empêcher à tout prix l’arrière-ailier Manfred Kaltz de centrer à tout va pour la tête de la girafe Horst Hrubesch.

Ah Johnny, Johnny…que d’indolence dans ta manière de jouer.
Oui, tu cours vite.
Oui, tu es vif.
Oui, tu plantes…tu plantes…MAIS TU NE REVIENS JAMAIS EN DEFENSE !!
Sais-tu ce qu’il y’a au-delà de la ligne médiane ?
Accepte ce gentil reproche, veut-tu ?

  

Après tout, ce n’est qu’une déclaration d’amour, tu sais !
Ce soir-là, tu nous as ravis.
Ce fut formidable de te voir coller aux basques du grand déguinguandé .Le danger était sans cesse omniprésent dès qu’il s’échappait sur son aile droite.Chaque fois, tu étais là pour le faire déjouer.
Et pendant que notre Johnny s’acquittait excellemment de sa tâche, les autres firent ce qu’ils fallaient.
D’entrée, Hartwig marqua contre son camp en voulant piquer la balle à notre blondinet de service.
Puis, Platoche transforma un coup franc à l’approche de la demi-heure de jeu…Jupp, si tu nous regardes…

 


Pour faire bonne mesure, Larios en rajouta un troisième juste avant la mi-temps au terme d’une chevauchée fantastique.



3-0 à la pause.Personne, même parmi les aficionados purs et durs des Verts, n’aurait pu imaginer un tel score après 45 minutes de jeu.
La seconde moitié du match ne fera qu’amplifier le score en défaveur d’allemands à l’agonie.

Totalement incapables d’aligner 5, 6 passes consécutives. De construire un tant soit peu une action offensive digne de ce nom. Complètement amorphe nos amis d’outre-Rhin…pour une fois, hein ?? Castaneda « El Gato » s’emmerde dans ses cages, mais s’emmerde à un point… Les Verts assurent tranquillement et tuent dans l’oeuf toute velléité.Le public gronde et conspue son équipe.
Et l’on s’achemine tout doucement vers la fin. Il reste 5 minutes. Bon, ça va bien s’arrêter se demandent, avec consternation, les journalistes allemands.
EH BIEN NON !!! PAS DU TOUT !! Leurs adversaires foréziens auront « la délicatesse » d’en rajouter une couche…non mais !!
Jacques « ZIGZAG » Zimako portera la marque à 4-0 avant que…Michel Platini ne la clôture définitivement d’un maître tir des 20 mètres.



HAMBOURG-ASSE : 0-5 !!!!!!!!!!!!!!!!!

Aussi invraisemblable que cela puisse être, Hambourg s’est fait littéralement massacrer sur son terrain par une équipe que l’on disait moribonde.
Ce soir-là, St-Etienne démontra à la face de l’Europe du football ce qu’était la PERFECTION

 

 


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Cette année là, la compétition se déroule en cinq phases : premier tour, deuxième tour, quarts de finale, demi-finale et finale. Chaque phase est éliminatoire et se dispute sous forme de match aller/retour, un troisième match peut avoir lieu en cas de résultat nul lors des deux rencontres.

32 équipes sont présentes lors du premier tour, elles sont séparées en 16 matchs différents :

Benfica, Fenerbahçe, Borussia Mönchengladbach, SSW Innsbruck, FC Copenhague, AS Saint-Étienne, FK CSKA Sofia, Juventus, Floriana FC, Hajduk Split, AS La Jeunesse d’Esch, Bayern Munich, Linfield FC, PSV Eindhoven, Malmö FF, FC Magdebourg, Olympiakos, Dynamo Kiev, Glasgow Rangers, Bohemians FC, Real Madrid, Dinamo Bucarest, Ruch Chorzów, KuPS Kuopio, Slovan Bratislava, Derby County, Újpest FC, FC Zurich, RWD Molenbeek, Viking Stavanger, Omonia Nicosie, ÍA Akranes

Avant le début de la compétition, le Bayern de Munich est favori grâce à deux titres Européens glanés lors des deux saisons précédentes. Mais on peut noter également la présence du Real Madrid de Santiago Bernabeu, du PSV Eindhoven, de la Juventus et bien entendu de l’AS Saint-Etienne.

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Premier Tour

Les Verts jouent leur premier match à Copenhague le 17 Septembre 1975. Ils battent les Danois 2 à 0 grâce à un but de Hervé Revelli et un but de Jean Michel Larqué. Cet avantage pris à l’extérieur leur apporte une confiance supplémentaire pour le match retour au Chaudron.

Celui-ci à lieu quelques jours plus tard, le 1 octobre 1975. Rocheteau, Revelli et Larqué marquent un but chacun et permettent à leur équipe de gagner 3 buts à 1, et de se qualifier pour le tour suivant.

Résultat Premier Tour – Coupe des Clubs Champions Européen 1975/1976

Benfica 7 – 1 Fenerbahçe : 7 – 0 ; 0 – 1
Borussia Mönchengladbach 7 – 2 SSW Innsbruck : 1 – 1 ; 6 – 1
FC Copenhague 1 – 5 AS Saint-Étienne 0 – 2 ; 1 – 3
FK CSKA Sofia 2 – 3 Juventus 2 – 1 ; 0 – 2
Floriana FC 0 – 8 Hajduk Split 0 – 5 ; 0 – 3
AS La Jeunesse d’Esch 1 – 8 Bayern Munich 0 – 5 ; 1 – 3
Linfield FC 1 – 10 PSV Eindhoven 1 – 2 ; 0 – 8
Malmö FF 3 – 3 FC Magdebourg 2 – 1 ; 1 – 2 ; 2 – 1
Olympiakos 2 – 3 Dynamo Kiev 2 – 2 ; 0 – 1
Glasgow Rangers 5 – 2 Bohemians FC 4 – 1 ; 1 – 1
Real Madrid 4 – 2 Dinamo Bucarest 4 – 1 ; 0 – 1
Ruch Chorzów 7 – 2 KuPS Kuopio 5 – 0 ; 2 – 2
Slovan Bratislava 1 – 3 Derby County 1 – 0 ; 0 – 3
Újpest FC 5 – 5 FC Zurich 4 – 0 ; 1 – 5
RWD Molenbeek 4 – 2 Viking Stavanger 3 – 2 ; 1 – 0
Omonia Nicosie 2 – 5 ÍA Akranes : 2-1 ; 0-4

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Deuxième Tour

Au deuxième tour l’ASSE affronte les Glasgow Rangers, à Geoffroy-Guichard tout d’abord le 22 octobre 1975. Devant près de 30000 spectateurs, les Verts font le boulot en signant une victoire 2 à 0 (but de Revelli et de Bathenay).

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Dominique Bathenay inscrit le deuxième but de l’ASSE

15 jours plus tard, les coéquipiers de Dominique Rocheteau signent une nouvelle victoire à Glasgow (2-1) et accèdent ainsi aux quarts de finale de la compétition.

Résultat Deuxième Tour – Coupe des Clubs Champions Européen 1975/1976

Benfica 6 – 5 Újpest FC : 5 – 2 ; 1 – 3
Borussia Mönchengladbach 4 – 2 Juventus : 2 – 0 ; 2 – 2
Derby County 5 – 6 Real Madrid 4 – 1 ; 1 – 5
Dynamo Kiev 5 – 0 ÍA Akranes : 3 – 0 ; 2 – 0
Hajduk Split 7 – 2 RWD Molenbeek : 4 – 0 ; 3 – 2
Malmö FF 1 – 2 Bayern Munich : 1 – 0 ; 0 – 2
Ruch Chorzów 1 – 7 PSV Eindhoven : 1 – 3 ; 0 – 4
AS Saint-Étienne 4 – 1 Glasgow Rangers : 2 – 0 ; 2

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Quarts de finale

Après les deux premiers tours de cette Coupe des Champions, les huit meilleures équipes d’Europe se retrouvent au stade des Quarts de finale, après une longue trêve Européenne en milieu de saison.

St-Etienne joue contre le Dynamo de Kiev. Le match aller a lieu le 3 mars 1976 et voit les Ukrainiens rester maîtres chez eux, ils infligent une défaite 2 à 0 aux Verts. Dominique Bathenay est malheureux car il marque un but contre son camp lors de cette rencontre.

Mais au match retour, les Verts retrouvent leur meilleur football.

Le 17 mars 1976 au cours d’un match légendaire, St-Etienne bat Kiev 3 à 0 après prolongation. Hervé Revelli sur une magnifique contre attaque, Jean-Michel Larqué grâce à un somptueux coup-franc et Dominique Rocheteau après une action sublime de Patrick Revelli, sont les artisans de cette victoire, qui les qualifient directement pour les demi-finales de la plus prestigieuse compétition Européenne.

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Hervé Revelli marque le premier but de la rencontre

Les 37 737 spectateurs présents au Chaudron ce soir là se souviennent encore de ce match inoubliable.

Résumé en vidéo du match St-Etienne – Kiev

 

 

Résultat Quarts de finale – Coupe des Clubs Champions Européen 1975/1976

Benfica 1 – 5 Bayern Munich : 0 – 0 ; 1 – 5
Borussia Mönchengladbach 3 – 3 Real Madrid : 2 – 2 ; 1 – 1
Dynamo Kiev 2 – 3 AS Saint-Étienne : 2 – 0 ; 0 – 3
Hajduk Split 2 – 3 PSV Eindhoven : 2 – 0 ; 0 – 3

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Demi-finales

Après leur magnifique victoire en quart de finale, les Verts se retrouvent dans le dernier carré de la compétition.

Le 31 mars 1976, St-Etienne bat Eindhoven 1 à 0 au stade Geoffroy Guichard grâce à un but de Jean-Michel Larqué sur coup franc.

Ce sera le seul but de la double confrontation entre les deux clubs, car le match retour du 14 avril 1976 voit les deux équipes se neutraliser 0 à 0, après une belle résistance de la défense Stéphanoise face aux attaques Néerlandaises.

St-Etienne se qualifie pour la finale de cette Coupe des Champions, tout comme le Bayern de Munich, victorieux du Real Madrid 3 buts à 1 après le match aller et le match retour.

Résultat Demi-finales – Coupe des Clubs Champions Européen 1975/1976

Real Madrid 1 – 3 Bayern Munich : 1 – 1 ; 0 – 2
AS Saint-Étienne 1 – 0 PSV Eindhoven : 1 – 0 ; 0 – 0

 

Après une première partie qui résume le parcours de l’AS St-Etienne lors de la Coupe des Clubs Champions Européens 1975/1976, Mémosport revient aujourd’hui sur la finale de cette compétition entre les Verts de St-Etienne et le Bayern de Munich.

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Le 12 mai 1976, les deux meilleures équipes d’Europe s’affrontent dans le mythique stade d’Hampden Park à Glasgow. Les Verts sont forts de deux doublés nationaux Coupe-Championnat, alors que les Allemands sont doubles tenants du titre Européen.

Pour arriver jusqu’en finale, St-Etienne a battu le FC Copenhague, les Glasgow Rangers, le Dynamo Kiev et le PSV Eindhovent. De son côté le Bayern de Munich a battu l’AS Jech, Malfö, le Benfica Lisbonne et le Real de Madrid.

 

Composition des équipes

Bayern Munich : Sepp Maier ; Johnny Hansen, Hans-Georg Schwarzenbeck, Franz Beckenbauer, Udo Horsmann ; Franz Roth, Bernd Dürnberger, Jupp Kapellmann ; Karl-Heinz Rummenigge, Gerd Müller, Ulrich Hoeness. Entraîneur : Dettmar Cramer.

AS Saint-Etienne : Ivan Ćurković ; Gérard Janvion, Oswaldo Piazza, Christian Lopez, Gérard Janvion ; Dominique Bathenay, Jacques Santini, Jean-Michel Larqué ; Patrick Revelli, Hervé Revelli, Christian Sarramagna (remplacé par Dominique Rocheteau, 83′). Entraîneur : Robert Herbin.

La feuille de match Stéphanoise ne compte pas Dominique Rocheteau en tant que titulaire, ni Christian Synaeghel et Gérard Farison, restés sur le banc. Les 25 000 spectateurs Stéphanois présents et les milliers de Français devant leur téléviseurs rêvent d’une première victoire Française en Coupe d’Europe.

asse glasgow hymnes

Le début du match est assez équilibré, les Verts font jeu égal avec Munich et se procurent même quelques occasions intéressantes.

Les meilleures actions sont d’ailleurs à mettre à l’actif des Verts, qui font subir une légère domination aux Allemands. Dominique Bathenay ratent le coche en propulsant une frappe puissante sur la barre transversale. Tout comme Jacques Santini quelques minutes après, qui voit son ballon s’écraser sur ces fameux poteaux carrés, après un très bon coup de tête.

Et oui car à l’époque les montants de buts du stade de Glasgow ne sont pas ronds mais carrés, et la FIFA n’impose pas encore de restrictions dans ce domaine. Les spécialistes et les supporters disent aujourd’hui qui si ces poteaux avaient été ronds, alors St-Etienne serait surement Champion d’Europe 1976, mais bon, avec des Si on refait le monde.

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A la 57e minute et après ces actions malheureuses, les Verts concèdent un coup franc dangereux à l’entrée des 16 mètres 50. Les Allemands le jouent très rapidement et Franz Roth ouvre cruellement le score, après une passe du grand Beckenbauer.

Les Verts font alors tout pour remonter ce léger avantage, mais la défense allemande résiste jusqu’au bout.

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L’entrée de Dominique Rocheteau en toute fin de match ne changera rien, malgré quelques offensives de l’attaquant Français. Munich gagne la rencontre et devient pour la troisième fois consécutive, Champion d’Europe.

Les joueurs de l’ASSE sont dépités, tout comme le public et les téléspectateurs Français. Tout le pays soutenait cette génération verte, qui a pu se consoler avec un titre de Champion de France quelques jours après.

Après une descente triomphale des Champs-Elysées, l’équipe au complet a été reçue par le Président de la République de l’époque, Valéry Giscard d’Estaing.

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1976ChampsElysees_2

Depuis cette rencontre, les supporters Stéphanois entendent encore résonner les poteaux de Glasgow jusque dans le Chaudron. C’est quelque temps cette histoire que la FIFA imposa à tous les stades de football de disposer de poteaux ronds, et non plus de poteaux carrés.

Cette génération aurait largement méritée cette victoire, qui aurait été la première dans l’histoire du Football Français. Mais malgré tout cela les Verts de 76 sont devenus des légendes, que toute la France d’hier et d’aujourd’hui connaît, reconnaît et admire.

Résumé du match en vidéo

 

 

 


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En ce temps-là, mon cœur battait pavillon vert-Manufrance et toute confrontation « amicale » avec les Canaris Nantais me métamorphosait en affreux raminagrobis Sylvestréen que la seule vue du jaune horripilait au plus haut point.
C’est comme çà ! NA !!!


Le championnat tirait à sa fin. Les Verts n’avaient plus que la Coupe de France pour sauver leur saison (trop distancés pour le titre, éliminés par « Mighty Mousse » et ses acolytes de Liverpool en Coupe d’Europe- Ah ce but de Bathenay à Anfield…).

L’ASSE était qualifiée pour les demi-finales (au même titre que Reims, Nice …et les autres, là…). Et ce satané tirage au sort délivra une finale avant la lettre, celle que tout le monde espérait et attendait avec délectation pour l’appel du 18 juin au Parc des Princes : NANTES-ASSE !!!!

Déjà, début juin, ils m’avaient bien chauffés les jaunes ! Une victoire nette et sans bavure de Nantes : 3-0 en championnat … avec but de Rio sur penalty puis Baronchelli et Shanoun…m’énervent ceux-là…
10 jours après, match aller à Marcel-Saupin…et bis-répétita !!!!!!!!!!!!!!!! Et merde !!!!!!!
Encore 2 buts de Rio sur penaltys accompagné d’un csc de Lopez … manquait plus que çà …

14 juin 1977-match retour à Geoffroy-Guichard, on allait voir ce qu’on allait voir, bon sang !

J’étais dans un état de paroxysme absolu. Chaud comme la braise…à faire venir un exorciste.
DEFENSE ABSOLUE DE VENIR ME DERANGER avais-je affiché sur la porte de ma chambre.
Ahhhhhhhhhhhhhhhh … dès le début du match, je crus mourir … Pécout avait marqué… mais mais… mais l’arbitre, Monsieur Kitabdjan refusa le but pour un hors-jeu de Baronchelli.
BIEN FAIT !!!!!! Gnark gnark gnark…
Juste après, P.Revelli ouvrit la marque, vite imité par Bathenay & Santini.


Incroyable mais vrai, à la mi-temps, les Verts de mon enfance avaient rattrapé leur retard.
En seconde, chaque équipe joua prudemment, ne voulant surtout pas s’exposer aux contres meurtriers de son adversaire.
La prolongation arrive. Mon état empire de plus en plus. Mon cœur bat la chamade. Mon rythme cardiaque s’accélère. Dernière balise avant mutation. Et je devins l’homme abstrait à cheval sur Neptune … **
… heu … je reprends …
D’entrée, je mourus !
Henri Michel marqua sur coup-franc. Ce but me pétrifia. Me cloua littéralement au sol.
Bref, je disparu de la surface de la terre avant même de connaître mes premiers émois amoureux…chienne de vie…fait chier…
Seule cette voix ( Pierre Loctin ?? Guy Kédia ??) radiophonique sortant de mon petit transistor me ramena au réel pour m’annoncer l’entrée en jeu immédiate de Sarramagna en lieu et place de Santini.


On s’achemine vers la fin des prolongations lorsque le commentateur hurle que Sarra’ vient d’ajouter un 4ième but pour les Verts.
Cela ne déclenche aucune réaction de ma part…si ce n’est un « … ouais, bon, une belle victoire pour l’honneur, ce ne sera pas suffisant, putain de but à l’extérieur etc…etc… »
L’envie me prend d’aller pisser.
Je quitte mon antre.
Je satisfais à mes besoins physiologiques.
Je retourne dans mon monde … et là, j’entend hurler cette voix enrouée, électrifiée, cassée venant de ce petit objet rouge posé nonchalamment sur mon lit : « Et c’est le cinquième but marqué par H.Revelli d’une tête arrière dans la lucarne de Bertrand-Demanes… St-Etienne vient de réussir le coup de Split…les Nantais sont abasourdis… l’arbitre siffle la fin du match … Les Verts sont qualifiés pour la finale de Coupe de France … »


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L'origine du nom du stade

Monsieur Geoffoy Guichard (1867-1940), créateur des magasins Casino acheta, à la demande de son fils Pierre (fondateur de l'ASS), le terrain sur lequel fut construit le stade.
Buste de Geoffroy Guichard

Aujourd'hui encore un moulage de son buste est présent à l'entrée du stade qui porte son nom.

1930

L'histoire de ce stade mythique commence en 1930...


19 mai : Achat d'un vaste terrain de 40 000 m² à l'Etivallière, propriété de la famille Bernou de Rochetaillée pour la construction d'un stade. Les deux acheteurs sont la Société ADOSIA, 22 rue de la Montat et Monsieur Geoffroy Guichard.

10 août : Constitution de la Société "Les Amis du Sport" pour réunir des fonds destinés à la construction du stade. Lors de sa première réunion, elle décide de donner le nom de Geoffroy Guichard au futur stade, en reconnaissance de son aide apportée aux oeuvres sportives et sociales.

"Les Amis du Sport" vont réunir plus de 600 000 francs de fonds par souscription en quelques dizaines de jours. Il y a de grosses souscriptions, mais la plus grande partie du montant rassemblé provient de souscriptions modestes.
L'argent récolté leur permet de confier la construction du stade à la société de construction parisienne qui a fait naître le stade olympique de Colombes, rebaptisé depuis Yves-du-Manoir.

 

1931

Le terrain marécageux qui avait servi de dépôts à détritus pour la ville se transforma, en quelques semaines, en une surface nivelé qui se couvrit de gazon. Pour cela, 30 centimètres de terre on du être étalé pour rendre le sol plus perméable soit un volume de 11 000m3. Le résultat est convaincant, jamais la pelouse du stade n'a été inondée!

Au départ, le stade est composé d'un terrain encerclé par une piste d'athlétisme de 400 mètres ainsi que d'une tribune de 1000 places environ en ciment armé sans poteaux pour géner la vue. Sous la tribune on trouve les vestiaires et les douches mais aussi un bureau et le logement du gardien. Deux buttes en terre situées derrière les buts servent de tribunes supplémentaires.
La capacité du stade est d'environ 1 800 personnes.

13 septembre : Inauguration du stade

Pour cette inauguration, une grande fête "champêtre" est organisée avec plusieurs personnalités dont le Ministre chargé des sports.

L'inauguration commence par un match de football entre l'AS Cannes et l'Entente Stéphanoise composée de joueurs de l'A.S.S.-S.F.U. et du Saint-Etienne FC. L'Entente Stéphanoise perd par 9 buts à 1.

La journée se poursuit avec la Coupe Thiriez qui est une épreuve pédestre où pour chaque équipe trois hommes se relayent à volonté.

Par la suite, les spectateurs ont le droit à des exhibitions athlétiques de sauts et de lancer.

Pour cloturer la journée au stade, un match de rugby est organisé entre l'AS Montferrandaise et l'A.S.S.-S.F.U. qui se conclu là encore par une défaite des locaux par 32 à 11.

La journée d'inauguration se termine par un banquet servi au Grand Hôtel en présence de nombreuses personnalités. "Un bal fort élégant et animé clotura cette belle fête".

 

 

 

1936

La tribune est agrandie avec l'ajout de deux ailes latérales par l'entreprise Thinet (architecte E. Hur).


1938


Construction d'un mur de clôture et des guichets, rue de la Tour.

Construction de la Tribune Henri Point.

Aménagement des buttes en terres de chaque côté des buts pour créer les tribunes "populaires".

La capacité du stade est supérieure à 15 000 spectateurs.

 

 

1956
Des travaux de modernisation des installations sont effectués : la piste d'athéltisme est supprimée, le terrain est réaménagé en stade rectangulaire (architecte : E. Hur ; entrepreneur : Société Forézienne de Travaux Publics).
1957
Les gradins sont restructurés en position debout. La capacité du stade dépasse les 30 000 spectateurs.

17 mai : A la suite de l'échec des pourparlers de cession du stade à la Ville, la Société ADOSIA et la famille Guichard décident de créer la Société Immobilière du Stade Geoffroy Guichard (siège 13 rue de la Résistance). Elle se voit attribuer la propriété du stade et des installations.

1965

12 novembre : Achat par la Ville de Saint-Etienne du stade Geoffroy Guichard à la Société Immobilière du stade soit 40 915 m² avec les constructions et installations. Coût de l'opération : 135 MF.
La Ville s'engage à faire réaliser des travaux, à louer pour 30 ans les équipements à l'A.S.S.E. moyennant un loyer annuel de 1 F, à conserver le nom de Geoffroy Guichard.

Les pre
1968

De nouveaux travaux sont effectués, la tribune Henri Point est reconstruite, les gradins Nord et Sud sont couverts (architecte : Raymond Martin ; entrepreneur : Compagnie Française d'entreprise métallique, Paris).

La capacité du stade est de 39 570 places.


 


1972

Construction du bâtiment administratif à trois étages avec salle de conférence et salon d'honneur s'appuyant à la tribune d'honneur.
Les vestiaires sont complètement refaits avec un cabinet médical et une salle de rééducation.
miers travaux concernent l'éclairage pour l'utilisation en nocturne du terrain d'honneur. Jusque là, l'équipe décalait tous ses matches l'après-midi, y compris les rencontres européennes.
Pour cela 4 pylônes de 60 m de haut sont installés, l'éclairage est alors de 635 lux au sol. (Coût: 65 MF, Entreprise : OTT, Allemagne associée aux Ets Minjard). Cette installation installation d'éclairage était unique en Europe à l'époque.

 

1974

L'installation de l'éclairage est renforcé pour porté porté la capacité à 800 lux

Des locaux administratifs et techniques de la section "amateurs" sont construits sous la tribune Henri Point.

1976

Modernisation des locaux techniques des joueurs professionnels.

1977

Construction d'une halle couverte en charpente métallique avec une pelouse synthétique destinée principalement aux entraînements.

1979

Les gradins debout sont reconstruits en béton et leur pente est modifiée pour augmenter leur capacité de 3000 places.

Les banquettes en bois des tribunes Pierre Faurand et Henri Point sont remplacées par des sièges individuels.

 

 

1983

Travaux d'agrandissement du stade en vue de l'organisation de l'EURO 84. 15 000 places assises sont ajouté en corbeille au-dessus des tribunes Pierre Faurand et des deux kops. Le toit des gradins sud est refait en plexiglas.

La puissance de l'éclairage est portée à 1 000 lux.

La capacité du stade est de 48 274 places


1985

11 mai : Record d'affluence au stade Geoffroy-Guichard :

ASSE - LILLE (Quart de finale de la Coupe de France) : 47 717 spectateurs

 

 

Octobre 1994 - Mai 1996

20 mois d'études aboutissent au projet de rénovation du stade Geoffroy-Guichard...

Les normes "FIFA - Coupe du Monde" imposent que toutes les places du stade soit assises. Les travaux porteront donc sur la mise en places assises des kops nord et sud.
La tribune Henri Point sera une nouvelle fois remodelée avec l'ajout d'un balcon pouvant accueillir au total 2 000 personnes et recouverte par un toit maintenu par quatre flèches bleues dressées vers le ciel.
La tribune Pierre Faurand subira aussi des modifications, les locaux administratifs, les loges, la tribune officielle ainsi que les vestiaires et la façade seront réaménagés.
Coté terrain, les quatre pylones seront supprimés et la pelouse sera entièrement refaite.

 


Les deux autres projets qui ont été envisagé mais n'ont pas été retenu.

Le premier prévoyait une fermeture des virages.
Ce projet portait la capacité du stade à environ 40 000 places, mais il coutait 30% plus cher que le projet retenu.

Le second une armature métallique traversant toute la pelouse.

 

 

 

1996

12 mai : L'"Opération Pelouse" permet à environ 600 personnes de repartir avec un morceau de la pelouse du stade Geoffroy-Guichard (Tarif: 50F)

13 mai : Début des travaux au surlendemain du dernier match à domicile de l'ASSE de la saison.

Dès le premier jour, les bulldozers entre sur la pelouse, le premier pylone tombe et les marteaux-piqueurs s'attaquent au bas des gradins des kops.

13 mai - 17 juillet : Réfection de la pelouse pendant le Championnat d'Europe.

La longueur est portée de 116 à 122 m. La dimension de la pelouse est de 115 x 75 m et l'aire de jeu de 105 x 68 m. Cette nouvelle dimension permettra l'organisation de matches de rugby ou de concerts en plein air.

Après un décaissement du sol sur 60 cm, il a été procédé au "cloutage" du fond de forme avec mise en place de nappe géotextile et nappe de tension, intégrant des couches multiples de granulats concassés. Le gazon repose désormais sur un système drainant de haute technicité recouvert d'un substrat filtrant.

Anecdote : Pendant les travaux de décaissement, deux effondrements se sont produits devant les bulldozers, le plus important d'entre eux a entrainé la création d'un cratère de 14 mètres descendant jusqu'à une ancienne galerie de mine rappelant ainsi le passé minier cette partie de la ville.

 

Le nouveau tapis vert a été posé sous forme de plaques précultivées et se compose de 36 000 morceaux pour un poids total de 450 tonnes.

La pelouse est composée d'un mélange de Ray-Grass (80%) et de Fétuque rouge (20%). L'entretien de la pelouse est très couteux, il nécessite un indispensable suivi chimique très pointu, en effet, un terrain de football est un environnement très fermé pour lequel l'aération et l'ensoleillement sont insuffisant. Il faut éviter l'apparition de petites algues notamment à l'ombre de la tribune Snella ou encore éviter le développement du Pâturin annuel.

Coût total des travaux : 4 millions de Francs
dont :

1,5 MF pour la reconstruction du sol
2,2 MF pour la pelouse
300 000 F pour le réseau d'arrosage

 

1996

Tribune Nord Charles Paret et Tribune Sud Jean Snella


Décembre : Les Kops coté Sud et Nord sont terminés.
La pente des gradins a été reprofilé et toutes les places sont désormais assises et numérotées.

Tribune Nord Charles Paret :

8 541 places dont 4 841 à l'étage inférieur

 

Tribune Sud Jean Snella :

8 767 places dont 4 690 à l'étage inférieur

 

 

1997
Après les tribunes Nord et Sud, c'est au tour des tribunes Est et Ouest d'être réaménagées. Elles ont subi les restructurations les plus importante. Les architectes ont recréé des volumes comparables sur ces deux tribunes. Les éléments structurants forts sont les fûts abritant les escaliers en façades et les toits surmontés de structures métalliques.

 

Tribune Ouest Pierre Faurand

Les locaux intérieurs de la tribune sont remodelés et agrandis, la façade est modernisée. La circulation dans la tribune s'articule autour de 4 fûts abritant les escaliers. La tribune de presse a été complètement réaménagée, avec un secteur presse TV modulable en fonction des matches. Des loges et des salons privatifs sont installés dans la partie basse. Ce secteur est également aménagé pour les personnes à motricité limitée.

 

Tribune Ouest Pierre Faurand :

7 500 places dont 18 loges et 1 200 places VIP

La tribune Pierre Faurand contient aussi le nouveau PC de sécurité qui utilise 19 caméras dans le stade, une salle de musculation, une salle de détente, une salle de presse et quatre vestiaires dont 1 avec sauna, bain, hammam.

 

 

1997

Tribune Est Henri POINT

La transformation de cette tribune a débuté après les travaux de la partie Ouest et s'est terminée en novembre 97. C'est la tribune qui a subit les travaux les plus impressionants, un balcon de 3 000 places a été construit et une toiture suspendue installée à partir de 4 fûts en béton. Aucun poteau ne gêne désormais la vision des spectateurs. La nouvelle toiture est portée par une structure métallique comparable aux autres. La façade Est créée ouvre sur le Technopôle, vitrine économique de la ville.

 

 

 

Tribune Est Henri POINT :

10 315 places dont 1 200 pour les supporters adverses
1997

4 novembre : Inauguration du nouveau système d'éclairage

L'éclairage de la pelouse est porté à 1 400 lux verticaux. Un système d'éclairage périphérique obtenu à partir de rampes situées le long des tribunes Est et Ouest et de projecteurs additionnels, au-dessus des tribunes Nord et Sud, a été retenu. Les pylones sont donc définitivement supprimés.

Le système comprend 192 projecteurs étanches équipés de lampes à iodure métallique de 2 kW répartie comme suit :
- 96 projecteurs pour la tribune Pierre FAURAND
- 72 projecteurs pour la tribune Henri POINT
- 12 projecteurs pour la tribune Jean SNELLA
- 12 projecteurs pour la tribune Charles PARET

L'alimentation du système d'éclairage est assuré par un groupe électrogène de 800 KVA ainsi qu'un transformateur.


La commande d'éclairage s'effectue pour quatre niveaux d'éclairement :
- 100 lux pour une utilisation du terrain pour des spectacles, avec un niveau d’éclairement de 300 Lux au pied de la tribune sud (montage des équipements scéniques)
- 300 lux exigés pour l’entraînement
- 800 lux exigés pour les matches de Championnat de France
- 1 400 lux exigés pour les matches de Coupe du monde
1997

Les autres travaux

La sectorisation
L’adaptation du stade aux normes de la FIFA a valu aux architectes d’étudier une sectorisation stricte des lieux : 4 tribunes distinctes entre lesquelles il est impossible de circuler. Ces 4 tribunes sont desservies par 4 billetteries, chacune possédent ses propres sanitaires et sa buvette.


L'aménagement extérieur
Les travaux d'aménagement ont pour but principal la requalification de l'espace urbain et en particulier des accès piétons, des axes de circulation, l'augmentation de la capacité des parcs de stationnement et la plantation de plus de 850 arbres.
Une place basse en pente douce d'une surface d'environ 9000 m2 est créée face à l'entrée du stade. Cet espace sera structuré en petites terrasses comportant des parkings.
Coté Est, la création d'une entrée depuis le Technopôle constitue une innovation essentielle ouvrant désormais le stade sur les 4 points cardinaux.
1998

12 mai : Inauguration du stade Geoffroy-Guichard devant environ 20 000 personnes

Le "Chaudron Vert", stade mythique, stade profondément ancré dans la vie de la cité est réaménagé pour accueillir 6 matches de la Coupe du monde. La soirée d'inauguration est orchestrée par Daniel Benoin, metteur en scène de théâtre et directeur du Centre dramatique national de la Comédie de Saint-Etienne. La scénographie mêle habilement paroles, chants, musique originale, lumières.

Au programme:
  • 20 heures: Match inaugural France/Brésil Espoirs.
  • 22 heures 45: Inauguration du stade associant musique, voix, lumière...
    Un spectacle inaugural original faisant appel à de grands artistes, mêlant habillement rêve et réalité... "du match espoir (12 mai), à l’espoir d’un match (finale rêvée du 12 juillet)".
  • Minuit : Le stade Geoffroy-Guichard est symboliquement remis au CFO pour la période de la Coupe du monde.

Conjointement à cette inauguration, 616 plaques de bronzes sont posées à l'entrée du stade. Pour une somme de 250 F, n'importe quelle personne pouvait faire graver ses noms et prénoms et ainsi les associés à jamais au stade Geoffroy Guichard.

 

2002

Juin - Juillet : Travaux de rénovations

- Rénovation de la tribune Pierre Faurand :

La tribune officielle de Geoffroy-Guichard a reçu un traitement d'étanchéité des sols des gradins (Bloc 10, Bloc 50, Tribune officielle). En effet, depuis quelques saisons déjà, des fuites d'eau avaient été décelée. Une intervention était nécessaire pour éviter que les vestiaires, le cabinet médical et les salles de sports se trouvant en dessous ne soient endommagés. Avant de pouvoir appliquer une couche de peinture résineuse, les sièges de la tribune ont été démonté puis réinstallé.

Coût des travaux : 329 000 Euros

- Rénovation de la Maison des associés :

Agrandissement de salles, réaménagement intérieur, changement du réseau informatique et pose de moquettes ont été les grandes phases de cette rénovation.
Coût des travaux : 69 000 Euros

- Rénovation des salons :

Le salon du club Emeraude, destiné aux sponsors et aux partenaires, installé à l'extérieur du bâtiment principal devenait vétuste, il a été démoli. Il est remplacé par le salon du club Panthère qui a lui aussi bénéficier d'un rafraichissement.
Coût des travaux : 22 860 Euros

- Traitement de la pelouse :

Comme chaque année à l'inter-saison, la pelouse est bichonée. Cette année, un travail d'aération et de carottage a permis de ramener environ 12 tonnes de pouzzolane et de la matière organique pour favoriser la pousse du gazon.
Coût des travaux : 18 000 Euros

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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Si l’histoire de France s’écrivait conjointement avec celle du football, alors la face de notre pays aurait sans doute été changée à jamais.Car au milieu des années 70, c’est Saint-Etienne qui serait devenue la capitale de l’hexagone. A l’époque en tout cas, elle était la capitale des goals…Et son maître à jouer s’appelait Dominique Rocheteau, plébiscité par 52 millions de français, tous Stéphanois de coeur et vibrant à l’unisson pour cette équipe hors du commun qui ne s’avouait jamais vaincue avant le coup de sifflet final. Le grand brun au maillot vert, aux boucles brunes et au dribble ensorcelant était plus qu’une icône nationale. Il a marqué à jamais tout une génération. Footballeur hors-norme, au style de jeu si déroutant, il menait des raids flamboyants dans les défenses adverses. Il cultivait aussi cet extraordinaire sens du collectif, qui donnait tout son sens au mot équipe. Le football, pour lui, se jouait bien à

onze. Alors, il partageait les ballons,les passes et les belles actions.Et il communiait aussi avec ce public qui l’aimait tant. A sa façon : avec un sourire timide pour célébrer un but d’anthologie, ou d’un petit signe de la main pour saluer ses supporters à la fin d’un match. Jamais rien d’extravagant. Tout en finesse et en douceur.Car sur le terrain comme dans la vie, le gentleman du foot ne cherchait jamais à se mettre en avant. Lui qui captait si bien la lumière et dont le look incroyablement romantique en avait fait le chouchou de la presse,fuyait au contraire les flashs. Dans le milieu parfois fermé du football, où l’on revendiquait ouvertement un rejet pour tout ce qui est d’ordre culturel,c’est aussi en toute discrétion qu’il cultivait ses passions : la littérature,le cinéma d’auteur ou encore le jazz.Rocheteau, c’était le talent brut associé à une pudeur extrême.Un type bien, tout simplement. Et finalement, ce surnom de l’Ange Vert, dont on l’avait affublé à cause de son physique et qu’il détestait tant, lui va aujourd’hui encore comme un gant.Un gant de velours, bien-sûr.

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D’un côté le FC Nantes. De l’autre l'AS Saint-Étienne. Le palmarès de ces deux clubs est éloquent sur la période considérée. En quatorze ans, les Verts et les Jaunes trustent à eux deux sept titres de champion de France. La renommée des Nantais n'est pourtant pas celle des Stéphanois, qui marquent les esprits en 76. Leur parcours européen suscite la passion dans tout le pays : Saint-Étienne qui gagne, c'est le sport français qui sort du marasme.
A l'échelle nationale en revanche, Nantes et Saint-Étienne sont de vrais rivaux. 1970 à 1984 représente avant tout quatorze années de rivalité -sportive- pour l'hégémonie sur le football français. Les joueurs en témoignent dans la première partie.
Nantes et Saint-Étienne, ce sont aussi et surtout deux villes, deux régions et deux philosophies différentes - pour ne pas dire opposées. Les deux clubs avaient pourtant le même objectif : atteindre le sommet. Comment des valeurs extra-footballistiques forgent-elles la manière d'évoluer sur le terrain ? En quoi la réussite de ces clubs est un modèle ? Décryptage dans la seconde partie.
Ce duel direct ou à distance entre les deux équipes phares du championnat de France a fait couler beaucoup d'encre dans les journaux. Le traitement journalistique est à la fois très proche et très éloigné de ce qui se fait aujourd'hui. Une sélection d'articles de presse de l'époque, compilés dans la troisième partie, en atteste.
Enfin, les quelques morceaux musicaux achèveront cette plongée dans le foot d'avant.

 

 



 

 

Paroles de joueurs (1ère partie):

Thierry TUSSEAU: « Je suis fier d’avoir vécu ça »



 


Thierry TUSSEAU
signe son premier contrat pro en 1973 au FC Nantes. Il y restera dix ans, avant de partir pour les Girondins de Bordeaux. L’ancien défenseur international gère aujourd'hui la société de négoce Bordeaux et Vins de France.

Un match contre Saint-Étienne, c’était comment ?
C’était un match entre les clubs phares de l’époque. Un match attendu qui mobilisait toute une région. Toute la semaine, avant la réception de Saint-Étienne, on sentait l’euphorie qui montait : ça commençait dès le lundi, il y a avait la presse, et en ville les gens ne parlaient que de ça. Pour les autres rencontres, c’était différent. Quand on jouait Saint-Étienne, à domicile, le plus souvent, on gagnait. J’en reparle encore avec des anciens stéphanois.

Il y a un match qui vous a particulièrement marqué ?
(sourire) La demi-finale de Coupe de France 1977, forcément ! A l’époque, elle se jouait en matches aller et retour. A l’aller, on l’emporte 3 à 0 et j’ai une balle de 4 à 0... à dix minutes de la fin. Mais Curkovic (le gardien de l’ASSE, de 72 à 80, ndlr) m’a empêché de marquer. Son attitude m’avait surpris… Je me présente devant lui, et Curko reste stoïque, comme un piquet. Je freine ma course, quelqu’un revient sur moi… Il n’y a pas eu but. Le match retour avait lieu quinze jours après. Le public nous voyait déjà en finale.

Et au retour…
Au retour, dans le vestiaire, lors de la causerie d’avant match, Jean Vincent nous a demandé comment on voyait ce match, ce que pouvait être le scénario idéal. Jean Vincent était un entraîneur qui était joueur dans l’âme. Nous lui avons répondu : en marquant un but dans le premier quart d’heure.

Puis ?
Après dix minutes de jeu, Amisse déborde sur le côté droit du terrain, ce qui était rare (sourire). Il arrive vers la ligne de corner, et centre pour Pécout. C’était donc un centre en retrait ! Pécout marque. Silence dans le stade. Mais l’arbitre siffle hors-jeu ! On a bien contesté mais…
3 à 0 à la fin du match, donc prolongations. C’était chaud. Si je me rappelle bien, à la fin de la première, le score n’a pas bougé. Coup-franc de Michel, on marque. Je ne me souviens plus comment Saint-Étienne marque son quatrième but. Mais à ce moment-là il reste quatre à cinq minutes de jeu ! Le stade pousse. Et Revelli tape le ballon avec l’arrière de la tête (mime), lobe Bertrand-Demanes…Alors-là…
Ce match restera gravé à jamais dans nos têtes. On en parle encore entre nous. C’est vraiment un fait marquant. Les gens m’en parlent de ce match, mais toujours du dernier but de Saint-Étienne et jamais du but qui nous est refusé au bout de dix minutes.

Quel souvenir avez-vous de Geoffroy-Guichard ?
Je me rappelle qu’il fallait aller s’échauffer sur un autre terrain, et longer la tribune. Même s’il y avait une vive rivalité, c’était bon enfant, sans l’agressivité qu’il peut y avoir aujourd’hui dans beaucoup de stades. C’est justement à partir de cette demi-finale retour que le public stéphanois a scandé « Les Canaris sont cuits, cuits, cuits… »

A Nantes, le stade Marcel-Saupin était moins « chaud » ?
(dubitatif) Il n’était pas rare, quelle que soit l’équipe que nous recevions, qu’il y ait 30000 spectateurs. Ils étaient très proches du terrain. Donc beaucoup d’équipes craignaient ce stade. Si en plus, nous étions en forme, c’était l’enfer pour l’adversaire. Saint-Étienne savait, encore plus après la Coupe d’Europe, qu’en y venant ils encaisseraient plusieurs buts.

Les deux clubs étaient donc vraiment opposés ?
Oui. C’étaient deux gestions différentes, deux régions différentes. Mais aussi deux jeux différents : intrinsèquement, on était plus forts. Eux, c’était du costaud, plus du physique, plus une équipe de contre.

Pourquoi si peu de transferts entre les deux équipes ?
C’était incompatible ! Les deux clubs avaient des mentalités différentes, c’étaient les clochers à l’époque. Aujourd’hui, ça n’existe plus.

Comment avez-vous vécu l’épopée des Verts en 1976 ?
On était les premiers supporters des Verts. On se connaissait au travers des matches en équipe de France. Je me souviens même que nous étions allés les voir jouer à Liverpool, le match où Bathenay avait tiré un superbe coup-franc. Ils avaient été éliminés je crois (victoire 3 à 1 des Anglais, ndlr). Anfield Road, c’était chaud aussi !

Jouer ensemble en équipe de France et se retrouver face à face en club, est-ce que c'était gênant ?
Pas du tout. Les matches étaient de rudes combats, avec de l’engagement, mais après, on oubliait.

Si on devait comparer le football de cette époque et celui d’aujourd’hui…
(il coupe) Je n’aime pas comparer, ça ne sert pas à grand chose... Disons que c’est différent.

Vous aviez moins de pression ?
On en avait de la pression, mais une pression sportive. Il y avait moins d’importance au financier. Aujourd’hui, le football, on en parle tous les jours, on veut tout savoir… Le foot est le reflet de la société.

Êtes-vous nostalgique de cette période ?
Pas nostalgique du tout ! Mais j’en parle avec grand plaisir (sourire). Et avec fierté... Oui, je suis fier d’avoir vécu ça.


Gérard FARISON: « Je suis fier d’avoir vécu ça »

 


Gérard FARISON
est un Stéphanois pur souche. Arrière latéral gauche, il évolue à l’ASSE de 1964 à 1980 et met fin à sa carrière à l’âge de 36 ans. Aujourd’hui il vit à Saint-Raphaël, et ne revient presque jamais à Geoffroy-Guichard. "L’inusable, le vétéran stéphanois fut encore l’un des meilleurs de son équipe : vigilant, correct, très offensif, il aurait pu marquer un but. Saint-Etienne perdra beaucoup avec le départ de Farison, joueur tout à fait exemplaire", déclarait le quotidien L'Equipe après la demi-finale de Coupe de France 77.

Quel souvenir gardez-vous des confrontations face au FC Nantes ?
C’étaient des matches entre deux équipes qui voulaient dominer le championnat, avec beaucoup de motivation des deux côtés. Il fallait toujours montrer qu’on était les meilleurs. Mais on aimait bien ce genre de rencontre, car les deux équipes jouaient bien au ballon. Là, les deux équipes jouaient pour gagner ; il arrivait souvent que les autres jouent pour ne pas perdre. Les Nantais faisaient circuler le ballon. Quand ils jouaient à Marcel-Saupin, ils avaient une motivation supplémentaire. C’étaient des matches durant lesquels on prenait du plaisir.

Dans quel état d’esprit se déroulaient ces rencontres ?
C’était assez engagé, mais les deux équipes se respectaient. En général, il y avait très peu d’incidents. Beaucoup de joueurs évoluaient ensemble en équipe de France. Pendant les stages, on se branchait… C’était très sain. (Gérard Farison compte une sélection en équipe de France, c’était en 76 face à la Pologne. Il a disputé un autre match sous les couleurs tricolores, non comptabilisé cette fois : il s’agissait d’une rencontre amicale contre le Borussia Mönchengladbach).

L’ambiance à Marcel-Saupin ?
C’était un peu la même ambiance qu’à Saint-Étienne, un stade archi-comble…Ils refusaient même des gens. Ce match, c’était le match de l’année, celui qu’il fallait gagner… comparable au derby face à Lyon. C’était un second derby en fait, même si Nantes était évidemment plus loin. Nos rivaux, à cette période, c’était Lyon, Marseille, PSG et Nantes, parce qu’ils voulaient dominer le championnat.

Un match face à Nantes vous a particulièrement marqué ?
En Coupe de France, où nous avions gagné 4 à 1 au retour…

C’était une demi finale, vous aviez gagné 5 à 1...
Ah oui ! Je me souviens aussi, pour l’un de mes premiers matches, avoir joué contre Paul Courtin, à Marcel-Saupin. Après le match, il s’était conduit en vrai gentleman. Il avait déclaré dans la presse que j’avais fait un bon match. Ça m’avait fait plaisir.

Est-il possible, selon vous, de dresser des parallèles entre ces deux clubs ?
Ces clubs reposent d’abord sur deux bons centres de formation. Ils se sont appuyés dessus pendant longtemps. Même si globalement, à Saint-Étienne, nous gardions la même ossature. On pensait plus au maillot que maintenant. Les joueurs étaient au club depuis très jeunes. On se trouvait les yeux fermés. Un derby aujourd’hui n’est par exemple plus le même. Les joueurs sont moins concernés qu’à notre époque.

Pourquoi si peu de transferts entre les deux clubs ?
D’abord, à l’époque, il y en avait beaucoup moins. On ne se voyait pas aller chez le concurrent, que ce soit à Lyon ou à Nantes. Et puis on était bien. On faisait partie des deux meilleurs clubs en France, on serait allés chercher quoi ailleurs ?

Vous parliez de formation, Nantes a toujours poursuivi cette voie, tandis que Saint-Étienne s’en est un peu détaché, notamment vers 80 ...
De 70 à 80, il y a eu très peu de transferts de joueurs. Robert Herbin s’appuyait sur un groupe formé d’à peu près quatorze joueurs. Les dirigeants n’ont pas su renouveler les anciens. On a vieilli. C’est vrai qu’il y a eu une cassure vers 1980, mais le problème est apparu dès 1978.

Vous êtes nostalgique de cette période ?
Un peu quand même, oui. Parfois, quand il faut montrer sa carte d’identité et que les gens reconnaissent mon nom, ça fait plaisir. Ce sont des gens qui ont la quarantaine, pas des jeunes…
 




Maxime BOSSIS « Là-bas, tout était fait pour faire peur… »

Maxime BOSSIS signe son premier contrat au FC Nantes en 1972. Il fait ses premiers pas sur les pelouses de D1 au cours de la saison 73-74 contre Saint-Étienne. L’international quitte la maison jaune à l’issue de la saison 84-85. Champion de France à trois reprises (77, 80 et 83), c’est lui qui porte le brassard de capitaine des « Barbus de Lu » lors du sacre de 83. Il est aujourd'hui consultant, relation publique et organise de stages d’été.





Quel souvenir gardez-vous des confrontations Nantes-Saint-Étienne et Saint-Étienne-Nantes ?
C’étaient LES rendez-vous annuels ! Les matches les plus importants, sur lesquels toute une saison pouvait se jouer. Mais ce sont aussi des matches de coupe de France. Ces rendez-vous étaient particuliers, c’était le jeu à la nantaise contre la puissance stéphanoise. Une opposition de style spectaculaire. Il y avait parfois de l’animosité, mais surtout du respect. Je me rappelle, pour mon premier match contre Saint-Étienne, avoir marqué un but sur une frappe de trente mètres dans la lucarne de Curkovic. On gagnait plus souvent à domicile. A l’inverse, on perdait à Saint-Étienne. Ca donnait vraiment lieu à de beaux matches.

Beaucoup de joueurs qui composaient les deux équipes se connaissaient bien. N’était-ce pas gênant ?
C’est vrai que beaucoup de joueurs évoluaient en équipe de France, c’était la période de la Coupe du Monde 78 en Argentine, avec pas mal de tournées à l‘étranger. Quelques années avant, nous étions plusieurs à avoir fait notre service militaire ensemble, au bataillon de Joinville. Je sais que j’étais très copain avec Rocheteau. Il était ailier droit, moi arrière latéral gauche, donc c’était mon vis-à-vis direct. Inconsciemment, je pense que je n’avais pas la même attitude, peut-être plus de mal à aller au contact.

Vous vous seriez vu jouer à Saint-Étienne ?
A l’époque, on était dans un club, ce n’était pas l’un ou l’autre : je me souviens, alors que j’étais encore stagiaire à Nantes, que Pierre Garonnaire (numéro 2 du club forézien et recruteur, ndlr) m’avait contacté pour que je vienne à Saint-Étienne. Mais j’ai dit non, ce n’était pas pensable. On était ou à Nantes, ou à Saint-Étienne, pas les deux. Les Verts, c’étaient des groupes de supporters un peu partout en France. Les puristes aimaient les Nantais.

Et l’ambiance ?
Deux ambiances à l’anglaise. Même si à Saint-Étienne, le foot représente plus qu’à Nantes. C’était terrible là-bas, un boucan d’enfer. Le public était plus proche de la pelouse… Je me souviens que nous devions aller nous échauffer sur un autre terrain avant le match. Et il fallait passer derrière les tribunes, où les supporters se retrouvaient avant la partie. Là-bas, tout était fait pour faire peur.

En 1976, c’est la fameuse épopée des Verts en Coupe d’Europe. Comment le vivez-vous, de Nantes ?
On était supporters des Verts en 76 ! C’était justement la période où j’effectuais mon service militaire, au bataillon de Joinville. Avec Platini et bien d’autres, on se réunissait pour voir les matches. Saint-Étienne était un concurrent sur le plan national, mais en Coupe d’Europe, on ne le voyait pas de cette façon. Les Verts ont marqué les esprits parce que c’étaient les premiers à faire ça après Reims. Toute la France était derrière eux ! Nous, il y a bien eu Valence en 80 (demi-finale de Coupe des coupes face au club de Bonhof et Kempes, remportée 2 à 0 à l’aller, perdue 4 à 2 au retour, ndlr), mais même si nous étions respectés, il faut bien dire qu’il n’y avait pas autour de nous le même engouement.

Nostalgique de cette époque ?
(Léger soupir) On ne peut être que nostalgique d’une période où on est jeune, où on fait un métier qu’on aime… Le temps passe vite… À une allure terrible. On sait que l’on ne vivra plus ce genre de choses, que c’est une autre vie qui a commencé.

Les gens vous parlent des matches face à Saint-Étienne ?
Pas si souvent… Non, pas vraiment en fait, lorsque les gens me parlent du passé, c’est surtout pour les matches internationaux.

Quel regard portez vous sur le football aujourd’hui par rapport à cette époque ?
Il y a eu une évolution énorme dans le contexte. Les intérêts médiatiques et financiers ne sont plus les mêmes. Sur le terrain, les joueurs sont mieux préparés, même si je pense que techniquement, à cette époque, les joueurs étaient meilleurs. Le milieu du foot a beaucoup évolué. Aujourd’hui les joueurs ont une approche carriériste. Avant, on appartenait à un club, on y restait. Le président venait nous voir, et nous disait : « tiens, tu fais construire en ce moment… Ça te dirait de resigner ? » Et on resignait.

Le dernier match à Marcel-Saupin, le 13 avril 1984, et la victoire 1 à 0 contre les Verts, qui sont relégués en deuxième division, vous vous en souvenez ?
Pas du tout ! C’est vrai que c’est un beau clin d’œil… Je me rappelle aussi qu’avant de signer mon premier contrat, j’avais participé à la finale du concours des jeunes footballeurs, à Paris (il avait fini en 37ème position, ndlr). Et le soir, nous étions invités à la finale de la Coupe de France… C’était en 1970, les finales avaient encore lieu à Colombes… Ce jour-là, nous avions vu Nantes perdre 5-0 contre Saint-Étienne.



Patrick BATTISTON « Content de l'avoir vécu ...»



 


Patrick BATTISTON, joueur de l’AS Saint-Étienne de 1980 à 1983, est transféré de Metz en 1980. Il est champion de France au cours de sa première saison dans le Forez. Finaliste de la Coupe de France 1982, il quitte Saint-Étienne pour signer un long bail en Gironde. Patrick Battiston est aujourd'hui responsable du centre de formation des Girondins de Bordeaux et entraîneur de l’équipe réserve du club.

Vous avez joué trois saisons dans le Forez, quel souvenir gardez-vous des confrontations Nantes-Saint-Étienne et Saint-Étienne-Nantes ?
Un souvenir de matches toujours accrochés et très serrés. C’étaient deux équipes qui terminaient toujours en tête du championnat. Non pas que ces matches étaient particulièrement tendus, mais il y avait une certaine effervescence. Les joueurs se connaissaient bien, car ils composaient l’ossature de l’équipe de France. Les deux stades se ressemblaient, avec un petit terrain, des supporters proches de la pelouse… Oui, c’était vraiment ça : pas d’animosité dans le jeu, mais une rivalité assez saine. Avec pour enjeu l’hégémonie sur le foot français. C’était un peu l’équivalent des Bordeaux-Marseille des années 80, ou des Paris-Marseille des années 90.

Une anecdote en particulier ?
Oui… Je me rappelle, lors d’un match à Saupin, d’un joueur de Nantes qui avait fait passer le ballon entre les jambes de Platini. Il ne l’avait même pas fait exprès. Mais ce joueur avait levé les bras en direction du public, qui l’a applaudi… Alors qu’il n’y avait même pas petit pont ! Ça montre jusqu’à quel point peut aller l’envie d’écraser l’adversaire.

Ce joueur, c’était qui ?
Je le garde pour moi… (sourire)

Pourquoi avoir choisi Saint-Étienne à cet instant dans votre carrière ?

Tout simplement parce que c’était la meilleure équipe en France à cette époque ! A Nantes, les joueurs étaient plus souvent issus du centre de formation. A Saint-Étienne, nous venions d’horizons différents. Et puis les Verts, c’était le mythe, les années européennes… J’avais été contacté par eux, mais pas par Nantes.

Selon vous, comment expliquer cet engouement autour de l’ASSE ?
Je pense que ce qui a marqué les gens, c’étaient les renversements de situation, en Coupe d’Europe notamment. Des moments épiques ! On ne pouvait être que pour Saint-Étienne. Une région ouvrière avec des joueurs généreux capables d’enfiler le bleu de chauffe, se sublimer dès qu’il le fallait… C’était la seule équipe française à avoir fait ça. Nantes a joué en Coupe d’Europe, mais ce n’était pas la même chose.

Quatre ans seulement après la fameuse épopée, y avait-il de la pression sur vos épaules, le poids du passé n’était-il pas lourd à porter ?
Pas du tout. Nous n’avions pas de pression. Vous savez, il y a des équipes qui jouent pour ne pas perdre. Nous, au contraire, on ne jouait que pour gagner. C’est un état d’esprit assez révélateur.

Peut-on comparer le football de cette époque avec celui d’aujourd’hui ?
Non, comparer c’est difficile. Mais ce que je crois, c’est que Saint-Étienne était un club avant-gardiste. Notamment du point de vue des structures et de l’organisation. Nous disposions par exemple de terrains d’entraînements synthétiques… Et puis nous jouions des matches amicaux internationaux ! Je me rappelle, en 1980, avoir pris l’avion pour Rimini, et joué un match contre l’Inter de Milan. Aujourd’hui, c’est monnaie courante, mais à l’époque, seule l’ASSE faisait ça. Nous avions même joué un match amical contre la sélection nationale roumaine. Les autres clubs ont suivi. Tout le monde s’est inspiré de Saint-Étienne. Et même si je n'y avais jamais joué, je dirais la même chose.

Êtes-vous nostalgique de cette période ?
(Soupir) Je ne dirais pas nostalgique... Mais plutôt content de l'avoir vécue. Je m’en souviens par flashes… Nantes, c’étaient des matches à piment, avec des joueurs de tempérament. Mais ça restait dans le domaine du raisonnable. Bizarrement, je me souviens beaucoup plus de mes matches face à Nantes ou au PSG, quand je jouais à Bordeaux et non plus à Saint-Étienne.



Marius TRESOR « Saint-Étienne ? Une machine à gagner »




Marius TRÉSOR évolue d’abord à Ajaccio (70 à 72), à Marseille (72-80), puis à Bordeaux (80 à 84). L’ancien international qu'il est (74 sélections) donne son avis sur les deux clubs que sont le FC Nantes et Saint-Étienne. Il occupe aujourd'hui le poste d'attaché de presse chez les Girondins de Bordeaux.

Nantes, Saint-Étienne, vous avez affronté ces deux équipes à de nombreuses reprises au cours de votre carrière. Quelles étaient leurs principales caractéristiques selon vous ?
Que ce soit avec Ajaccio, Marseille ou Bordeaux, j’ai rarement gagné à Saint-Étienne. C’étaient souvent des matches nuls, car là-bas, ils dominaient grâce à leur jeu. Même leurs individualités étaient un ton en dessus. Ils avaient un suivi des joueurs très performant, un entraîneur et un staff très performants. Saint-Étienne était complet dans tous les compartiments du jeu. Nantes était une équipe plus abordable, qui baissait le pied plus facilement.

Et si on devait comparer les deux stades ?
L’avantage était là aussi à Saint-Étienne. A Saupin, il n’y avait pas un climat agressif, tandis qu’à Geoffroy-Guichard, les gens vous faisaient vraiment sentir où vous étiez. Ça donnait un avantage considérable aux Verts. Le public faisait peur. Quand on parle de leurs renversements de situation, c’était aussi grâce à leur public. Il y avait deux seuls clubs où le public pouvait avoir une telle influence : Saint-Étienne et Marseille.

Un match en particulier vous a marqué face à Nantes ou Saint-Etienne ?
Oui, je me souviens d’un match à Nantes, lors de la saison 81-82, je jouais avec Bordeaux et nous avions joué là-bas sans gardien de but… nous avions perdu 6 à 0. Alain Giresse avait joué dans les buts en première mi-temps, moi en seconde. (La journée précédente, le gardien de but girondin, Pantelic, avait fait l’objet d’un rapport de l’arbitre pour le match Bordeaux - Lens. Pour montrer son mécontentement, Claude Bez, le président bordelais avait fait jouer son équipe sans gardien le week-end suivant à Nantes, ndlr). Cette défaite avait été un peu éclipsée, parce que la même journée, Saint-Étienne avait battu Metz 9 à 2.

Et à Saint-Étienne ?
Là-bas, je me rappelle par exemple de la façon de jouer de ses défenseurs lorsqu’ils étaient en difficulté : un jour, Albert Émon était parti au but, les défenseurs s’étaient arrêtés en levant le bras, comme pour signaler un hors-jeu. L’arbitre de touche avait levé le drapeau et il n’y avait pas eu but. Je me souviens aussi des pitreries de Salif Keita (attaquant malien, surnommé "la Panthère", qui débarque en 67 dans le Forez, ndlr) devant le président Rocher, alors qu’il venait de marquer un but à Geoffroy-Guichard. C’était lors de la saison 72-73, il venait d’être transféré à l’OM.

Vous auriez-pu jouer dans l’une des deux équipes ?
J’ai failli aller à Nantes après Ajaccio. En 72, avec l’équipe de France, nous avions fait une tournée au Brésil, ce qu’on appelait la mini-coupe du Monde, car il y a avait de bonnes équipes. A cette occasion, j’avais rencontré des dirigeants du FC Nantes, et j’avais discuté avec le président, Louis Fonteneau. J’étais encore sous contrat avec Ajaccio, mais le club avait besoin d’argent, et cela ne dépendait pas de moi. Cette année-là, j’ai été en contact avec Nice, le Paris FC, mais jamais avec Saint-Étienne. En plus j’aurais été concurrent avec Lopez au poste de libéro. Finalement, après un concours de circonstances, alors que j’étais tout proche de Nice, je me suis retrouvé à l’OM. Saint-Étienne n’était pas une équipe qui m’attirait. En Guadeloupe (Marius Trésor arrive en métropole en 1970, ndlr), les équipes que l’on suivait le plus étaient Marseille et Monaco.

Nantes et Saint-Étienne, à cette époque, ce sont aussi deux présidents très différents…
Louis Fonteneau était très aimable, une personne vraiment sympathique, qui n’avait jamais un mot plus haut que l’autre. J’avais vraiment le plus grand respect pour sa façon d’être. Roger Rocher était bien plus en avant, mais quoi de plus normal puisque Saint-Étienne dominait. Le football est ainsi fait que l’on se retrouve vite en première ligne. Saint-Étienne a été dix fois champion de France, et le dernier titre obtenu, c’était encore sous sa présidence.

La demi-finale de 77 entre les deux équipes, vous vous en rappelez ?

(Il réfléchit). Ah oui ! Avec la victoire de Saint-Étienne au match retour. Il faut dire que la Coupe de France n’a jamais réussi à Nantes, sauf contre des équipes plus faibles : Auxerre en 79, mais aussi plus récemment Sedan ou Calais. Saint-Étienne était une machine à gagner. Finalement, ce résultat était normal.

Comment voyez-vous le foot aujourd’hui ? Vous êtes nostalgique de cette période ?
Non… Il ne faut pas vivre avec le passé. Je ne sais pas si aujourd’hui, dans le foot actuel… J’aimais jouer décontracté, les chaussettes baissées, le maillot hors du short. J’aimais tacler, j’ai fait un nombre de tacles dans ma carrière… Je n’ai jamais été méchant sur un terrain, mais pourtant je ne sais pas si aujourd’hui je terminerais un match. Le foot a changé, notamment du point de vue physique. Souvent, avec Patrick Battiston, on dit sous la forme de boutade des choses du genre : « tiens, tu crois que lui, il aurait eu sa place à notre époque ? »

Vous parlez souvent du passé, entre anciens joueurs ?
Non, pas vraiment. Ce sont plutôt les gens qui nous font raconter.


Les facteurs d'une fracture : 

1- Deux régions, deux cultures foot
D’un côté la Loire-Atlantique, de l’autre la Loire. D’un côté la douceur du Val de Loire, de l’autre la rudesse et les mines du Forez. Voici, grossi, le fossé qui sépare l’environnement de Nantes et Saint-Étienne. Avant 1970, le parcours sportif des deux clubs est lui, presque similaire. « Il n’y avait pas de centres de formation, explique Bruno Lautrey, ancien journaliste sportif à Presse-Océan, retraité depuis quelques semaines. Nantes est monté en première division avec une équipe composée de jeunes joueurs tels Suaudeau ou Le Chenadec, encadrés par des plus vieux, comme Strappe, Gonzales, ou Dereuddre. C’étaient des joueurs de la région. Noms à consonance bretonne pour Nantes, polonaise ou tchèque à l’AS Saint-Étienne à cause des mines. Et la naissance de la rivalité entre Nantes et Saint-Étienne date précisément de la saison 1962-1963, lorsque les deux clubs jouent l'un contre l'autre en deuxième division. Cette année-là, les Verts terminent premiers, juste devant les Jaunes : à partir de la saison suivante, c’est dans l’élite que les deux équipes livreront leurs plus beaux combats. Dès ses premières saisons en première division, le FC Nantes est sacré champion de France (65 et 66). En 1967, l’AS Saint-Étienne empêche Nantes de réaliser une performance inédite : devenir champion trois fois consécutives).
Au-delà de ces données statistiques, les différences entre les deux équipes s’illustrent véritablement sur le terrain : si Nantes et Saint-Étienne jouent toutes deux au football, celui pratiqué par les deux club n’est pas le même.
« A Saint-Étienne, il est inconcevable qu’un joueur ne se défonce pas pendant un match, confie Robert Budzynski, actuel directeur sportif du FC Nantes Atlantique, ancien joueur de Nantes et de Lens. La culture du club nordiste est relativement proche de celle du Forez, « où la manière de jouer est à la mesure de la dureté du travail (à la mine, ndlr). Là-bas, le match, c’est un véritable homme à homme », explique-t-il. A Saint-Étienne plus qu’à Nantes, c’est l’engagement sur le terrain qui sert de trait d’union entre le public et son équipe. « J'ai été émerveillé par les qualités morales, l'abnégation, l'adhésion totale que mettent tous les joueurs stéphanois dans la bagarre. Jamais auparavant dans les équipes stéphanoises que j'ai connues, je n'avais ressenti une telle force et une telle solidarité », déclarait Robert Herbin, l'entraîneur des Verts, après un match gagné à Troyes en 1975 (1). Cette capacité d’engagement supérieure de la part des Stéphanois contraste avec l’alternative proposée par le FC Nantes, une équipe souvent composée de joueurs plus frêles. Sur les bords de la Loire, on penche pour un jeu alerte, basé sur la vivacité : « anticiper, éviter, faire courir ». Et Bruno Lautrey de préciser : « Nantes possédait un jeu plus élaboré, c'était l'héritage de la méthode Arribas (arrivé au club en 1960, ndlr) : il faut non seulement gagner mais aussi bien jouer. » Les rencontres entre les deux "grands" du football français représentent avant tout une opposition de style. « Au cours de ces matches, les deux équipes n'étaient pas toujours très tendres, mais elles se respectaient avant tout. Chacun appréciait le jeu de l'autre », poursuit celui qui est aussi le fils de l'un des douze membres fondateurs du FC Nantes en 1943. « Du côté de Saint-Étienne, on avait coutume de dire que les Nantais étaient des pleureuses », sourit Bruno Lautrey. Pour autant, cette dichotomie ne saurait laisser présager que les Verts jouaient seulement physique. Ainsi, le trio de milieux récupérateurs Larqué-Bathenay-Synaeguel était plutôt considéré, à l'époque, comme un trio de techniciens et non pas de joueurs rugueux... Qualificatif qu'on aurait bien aimé leur apposer à l'extérieur. Saint-Étienne jouait de manière plus directe, plus costaud. Clément Boré, fondateur du FCGJ, le Fan Club Gérard Janvion (milieu de terrain de l'AS Saint-Étienne) le reconnaît volontiers : « Je crois qu’il y avait de la part des Stéphanois - connaisseurs de football - une réelle admiration pour le jeu nantais qui, lorsqu'il était à son summum, présentait ce que l'on peut faire de mieux en équilibre collectif, un peu comme un numéro bien répété, où l'on s'étonne de l'habileté de chaque mouvement qui semble avoir été travaillé à l'entraînement ».
Pour Jacques Vendroux, journaliste, directeur des sports à Radio France, « Nantes et Saint-Étienne représentaient deux styles différents... mais il y avait un match au cours duquel Nantes ne jouait jamais à la nantaise : contre Saint-Étienne ». Hier comme aujourd'hui, la notion de spectacle était donc au centre du débat. A Nantes, l'équipe du "panache offensif", il est de toute manière difficile de concevoir une formation "bétonnante" même pour aborder un match de Coupe d'Europe. Du côté des Canaris, on préfère parler de rigueur comme objectif à atteindre.
S'il est un indicateur des différences - pour ne pas dire des incompatibilités - culturelles entre Nantes et Saint-Étienne, c'est le très faible nombre de transferts réalisés entre les deux clubs sur la période étudiée. Un seul transfert à signaler : celui de Yves Triantafilos. "Le Grec", comme on le surnomme pose ses valises à Nantes en 1975, après une saison passée chez les Stéphanois. Si l'on excepte son doublé en coupe d'Europe face à Split en 74, son bilan dans le Forez est pour le moins mitigé. « Nos confrères de Saint-Étienne n'avaient déjà pas compris pourquoi l'ASSE l'avait engagé, ils comprenaient encore moins pourquoi Nantes pouvait s'y intéresser », ironise aujourd'hui Bruno Lautrey. Triantafilos, titulaire à son arrivée, sera rapidement poussé sur le banc de touche ou avec l'équipe réserve, sous l'ère Vincent. Son style physique cadrait plutôt mal avec le jeu léché pratiqué par les Nantais. Il ne tarde pas à quitter le Cité des Ducs à destination de la Grèce.
Pour expliquer ce si petit nombre de transferts, plusieurs hypothèses sont plausibles. Pour Clément Boré, « à Nantes les joueurs étaient dans leur cocon, à l'abri, dans la douceur des Pays de Loire. La rudesse des entraînements dans le Forez avec Robert Herbin était réputée, peut-être que les joueurs nantais du cru étaient trop formatés pour le jeu à la nantaise ». A l'époque, de toute manière, les transferts sont beaucoup moins courants que maintenant. Un autre facteur permet de comprendre le si faible nombre de va-et-vient entre les deux clubs : le fait que Nantais et Stéphanois soient tournés vers la formation. Ainsi, les seuls exemples de joueurs du cru arrachés à leur club formateur apparaissent au milieu des années 70 avec les achats par Marseille de joueurs stéphanois tels Bereta (premier joueur de l’histoire transféré lors de la trêve hivernale), Carnus, Bosquier... Transferts qui sont à l'origine de la rivalité entre Saint-Etienne et l'OM. C'est une autre histoire.
La rivalité, sportive elle, entre Nantes et Saint-Étienne est bien réelle. Mais les joueurs, qui se connaissent bien, se respectent avant tout. Comme le confirment les témoignages de joueurs, les matches de l'époque étaient engagés, voire musclés, mais jamais méchants. Un seul "attentat" à signaler sur le terrain, le 23 mars 1973 : le défenseur stéphanois Alain Merchadier tacle le nantais Angel Marcos. Le diagnostic confirme une déchirure des ligaments du genou. Plus jamais l'Argentin ne refoulera les pelouses de première division. Quatre ans après les faits, dans L'Equipe (voir en dernière partie), le Stéphanois, auteur du geste coupable, avouera encore ressentir l'hostilité du public à son égard. Cela reste quand même un cas à part.
Cette différence de jeu entre les deux équipes peut aussi s’expliquer différemment. Les Nantais ne distinguent pas vraiment les matches de championnat, où ils excellaient, des matches de Coupe d'Europe, où leurs performances n'ont pas été à la hauteur de celles des Verts. A l'époque, plus qu'aujourd'hui, les matches "à l’européenne" comme on dit à l’époque, sont un véritable combat, où l'équipe qui veut ressortir vainqueur à l'issue des matches aller et retour doit être capable de se faire mal. À l'époque, pas de matches de poule en début de compétition, mais directement des matches couperet à élimination directe. « Nantes jouait un jeu qui aurait pu tenir le rôle de catalyseur et amener le football français à ce qu'il est aujourd'hui : des joueurs bien formés dotés de qualités indéniables. Mais ce fut Saint-Étienne qui réveilla le football hexagonal par sa capacité à refuser la défaite, en jouant un football plus physique, exerçant un pressing continu sur l'équipe adverse, condition où le fameux "jeu à la nantaise" s'exprime mal », estime Clément Boré, en inconditionnel des Verts qu'il est. La passion, le FC Nantes la suscite aussi. Et les matches entre les Jaunes et Verts, s'ils sont parfois décevants (l'enjeu a tué le jeu à de nombreuses reprises), sont avant tout des matches où la ferveur populaire peut s'exprimer.
Deux présidents de chaque club, sur la période considérée, ont aussi eu un rôle dans la manière de jouer de leur équipe. « Sans l'avoir exprimé, Louis Fonteneau (président de Nantes de 1960 à 1986, ndlr) voulait un football chatoyant, qui attire les spectateurs », indique Robert Budzynski. Comme s'il fallait, à Nantes, que les gens viennent au match voir un spectacle. Et le directeur sportif nantais de poursuivre : « Rocher lui, n'était pas loin de Tapie. C'était : "n'importe comment, mais on gagne". C'était anti-fluide et ça allait à l'encontre du spectacle. Chacun avait donc des qualités différentes ». Dans le Forez donc, on s’inspire du modèle allemand. A Nantes, le raisonnement est tout autre : le jeu est au départ posé en idéal, et doit logiquement amener à la victoire.
Reste qu’il était très rare, pour l’une des deux équipes, de s’imposer chez son rival. En témoigne cette anecdote, rapportée par Didier Bigard, responsable du service des Sports au journal La Tribune-Le Progrès : « Herbin, pour son premier retour, avait vu son équipe gagner à Nantes, grâce à Garande. Il était vraiment content, c’était sa première victoire là-bas. Un événément si rare que Gérard Simonian (journaliste sportif à La Tribune, ndlr) était allé accueillir les joueurs à l’aéroport d’Andrézieux. Il était une heure du matin ! Agir de cette manière, pourtant, ce n’était vraiment pas son genre ».
(1) : Football Magazine, "Saint-Etienne à Glasgow", mai 76.

2- Un point commun... au départ seulement : la formation
Dès le début des années 70, le FC Nantes va vouloir rattraper son retard dans le domaine de la formation pour atteindre un objectif : dépasser l'ASSE. Ce qui se produira au cours de la décennie. La France du foot est alors partagée entre deux clubs formateurs : Saint-Étienne et Nantes. Mais cette évolution est lente. A titre d’exemple, ce n’est qu’en 1977 que le pôle « jeunes », au centre d’entraînement de la Jonelière est inauguré. « Avant, nous, les jeunes du centre de formation, étions logés en centre-ville », raconte Thierry Tusseau. A Saint-Étienne, la personne en charge du recrutement s’appelle Pierre Garonnaire. A Nantes, le créateur du centre de formation s’appelle Georges Boulogne, alors directeur technique national. Celui qui tient les rênes de ce centre n’est autre que l'entraîneur de l’équipe première depuis 1966. Son nom : José Arribas. C’est lui, l’instigateur du beau jeu à la nantaise. Lui, l’entraîneur, est un éducateur et un formateur dans l’âme.
Les deux clubs peuvent alors écrémer le territoire français à la recherche de la perle rare. Il faut dire que les conditions sont beaucoup plus favorables qu’à l’heure actuelle : Nantes et Saint-Étienne disposent de Sochaux et Nancy comme seuls concurrents. « Il arrivait même que l'on s'entraide. J’appelais Pierre Garonnaire et lui demandais : tiens, tu n'aurais pas repéré un milieu offensif chez toi ? Si Saint-Étienne ne recherchait pas de joueur de ce profil, alors il venait jouer ici. Plus tard, ils pouvaient nous demander la même chose pour un défenseur par exemple. Je me souviens d’un jeune joueur originaire de Moselle. En venant à Nantes, il aurait quitté sa famille, traversé la France… C‘était mieux pour lui qu‘il aille chez les Verts », raconte Robert Budzynski, l'actuel directeur sportif du FC Nantes Atlantique. Les propos de Bruno Lautrey abondent dans ce sens : « A cette période, il y avait beaucoup d’échanges entre les centres de formation, pour se donner des informations sur les joueurs ».
Mais à Nantes, au départ du moins, le travail de prospection est plus "collectif" qu'à Saint-Étienne. Le club n'hésite pas à faire appel à ses anciens joueurs, restés dans la région. Du côté des Verts, Pierre Garonnaire parcoure la France entière.
Preuve de la qualité des jeunes pousses des deux clubs, les équipes juniors de Nantes et de Saint-Étienne s'affrontent en finale de la Coupe Gambardella (catégorie des juniors) en 1974. Les Nantais s'imposent. Ils rééditeront leur performance l'années suivante.
Extrait de Bossis, par Jean-Marie Lorant, aux Éditions Calmann-Lévy, novembre 83 :
« La force de Nantes a toujours été de privilégier la formation, et dans ce sens, d’être en avance sur son temps. En 1970, la réputation de l’école nantaise n’avait pas d’égale dans le pays, sinon à Saint-Étienne, avec la célèbre école des Verts.
Aussi, les deux clubs accueillaient-ils régulièrement les plus beaux fleurons des sélections de jeunes, épisodes qui mettaient aux prises Pierre Garonnaire et Robert Budzynski, deux chasseurs de talent au flair subtil et à l'oeil aiguisé. Ces deux habiles négociateurs prêchaient chacun pour leur paroisse, en veillant à ne pas transgresser les règles du jeu. La concurrence n'est pas encore ce qu'elle est de nos jours, et l'organisation, le sérieux, et la fiabilité de leurs couleurs leur permettaient d'enlever le morceau assez facilement. Un équilibre s'était installé entre les deux camps et le terrain était suffisamment vaste et riche pour contenter tout le monde.
Les générations nantaises valaient les générations stéphanoises, et vice versa. Si l'une d'entre elles, celle des Bathenay, Janvion, Synaeghel, Revelli, Lopez, Santini, Larqué, Merchadier... a éclaté au nez de l'Europe en 1975, créant un phénomène sans précédent en France, c'est en raison de la concordance ayant existé entre un groupe de joueurs de talents, un public, un club dans sa plénitude.
Aucune promotion nantaise n'a laissé de trace si profondes pour n'avoir pas bénéficié de ce concours de circonstances, lequel se présentera un jour ». (La meilleure performance du FC Nantes en Coupe d'Europe remonte à 1996, où les Canaris s'étaient hissés en demi-finale de la Ligue des Champions, éliminés par la Juventus de Turin, ndlr).
Si Nantes rattrape Saint-Étienne en matière de formation, les deux clubs vont rapidement se différencier. Car si la maison jaune va poursuivre sa politique de formation, et jouer la carte de la continuité, la maison verte va progressivement l'abandonner, alors qu'elle avait fait sa force jusque-là. « Il y a une cassure vers 80 », expliquait Gérard Farison, le Stéphanois de toujours. C'est donc à cette période que les Verts, contrairement aux Nantais, vont finir par se détacher de leur politique initiale de formation. Ainsi, après la génération des Rocheteau, Lopez, Santini, Sarramagna, Janvion, Lopez... Saint-Étienne va se régénérer en recrutant (processus nouveau dans son ampleur seulement puisque par le passé, seuls Piazza et Curkovic, avaient été recrutés à l'étranger), plutôt qu'en donnant leur chance aux jeunes... L'équipe stéphanoise, championne de France en 1981, n'a donc plus rien à voir ou presque avec l'équipe vice-championne d'Europe en 76, même si des Farison, Janvion ou Lopez, en font encore partie. Entre-temps, des joueurs tels Johnny Rep, international hollandais, Jacques Zimako, Patrick Battiston, et évidemment Michel Platini, tous les trois internationaux, sont arrivés au club. Si l’ASSE a choisi de changer d'orientation, et d’adopter cette politique de vedettariat (les articles de l'époque comparant l'ASSE au stade de Reims) c'était pour rester au sommet. Le président, Roger Rocher en est le principal initiateur. Robert Herbin, lui, semble avoir un peu subi ce changement. "Le Sphinx" comme on le surnomme (sur le banc, à n'importe quel moment d'un match, son visage reste impassible), l'héritier d'Albert Batteux et de Jean Snella aurait sans douté préféré continuer à incorporer des jeunes, quitte à reculer de quelques places pendant quelques saisons, mal nécessaire pour préparer l'avenir à plus long terme. Dans un ouvrage intitulé Ils ont tué les Verts - Histoires secrètes (1), Jacques Vendroux est cité à ce sujet : « Les gens n'arrivaient pas à comprendre cette absence de résultats, alors qu'en réalité, c'était presque normal. Roger Rocher a voulu rééditer l'épopée de 1976 avec des joueurs qui n'avaient pas été formés à Saint-Étienne. Ce n'était que des transferts et Robert Herbin n'a jamais eu la mainmise sur des Rep, Zimako et Platini. Robby n'a jamais pu les modeler comme il l'avait fait avec ceux des années 70 (...) L'esprit n'était plus le même ». Pour autant, Saint-Étienne incorporera quelques jeunes au sein de son équipe première, notamment l'année du titre de 81 : Laurent Paganelli et Laurent Roussey par exemple. Le premier, surnommé "le petit Prince de Geoffroy-Guichard" foule les pelouses de Première division à quinze ans et demi. C'est à ce jour le record. Le second avait lui à peine 19 ans.
On ne peut donc pas schématiser. Car si Saint-Étienne, malgré son changement de politique incorpore quelques jeunes dans son équipe professionnelle, Nantes recrute aussi à l'étranger. Et la concurrence existe tout autant chez les Canaris. Les exemples les plus marquants sont le recrutement par le FC Nantes de l'attaquant international polonais Gadocha, alors que Bruno Baronchelli, formé au club, est prêt à éclore. Même chose pour Eric Pécout, la presse à l'époque ne manque pas de le souligner ("Eric Pécout le mal-aimé" titre Football Sélection en 79). Car avant d'être contrariée par les blessures, sa carrière est freinée par la concurrence (recrutement de l'argentin Victor Trosséro, le club double les postes). C'est Jean Vincent, l'ancien rémois, qui lors de son arrivée en 76 à la tête de l'équipe première, va changer la donne, en mettant sur la touche les plus anciens, comme Gadocha et Triantafilos.
Reste qu'à Nantes comme à Saint-Étienne, les greffes ont plutôt bien fonctionné. La comparaison entre Hugo Bargas, le libéro de Nantes et Oswaldo Piazza, le stoppeur des Verts, est intéressante. Les deux sont Argentins. Mais leur style totalement opposé. Piazza, par ses chevauchées sur le terrain incarne à lui seul la puissance du rouleau compresseur stéphanois. Bargas, lui, plus technique, incarne à sa manière la fluidité du beau jeu à la nantaise. Autre recrue sud-américaine du club nantais, Enzo Trossero, homonyme de Victor. Dans les deux cas, le recrutement de joueurs étrangers ne se faisait qu'avec l'assurance que les joueurs s'intégreraient parfaitement. Mais les deux Argentins ne sont pas les seuls à se prêter au jeu de la comparaison. Ainsi, dans L'Equipe, le 16 mai 77, dans un article de présentation du quart de finale de la Coupe de France opposant Nantes à Lens, le défenseur nantais Raynald Denoueix est présenté comme le "Farison jaune", en référence à l'attachement et la longévité du joueur au sein de son club.
José Arribas, qui n'est désormais plus l'entraîneur du FC Nantes depuis trois ans, donnait son avis dans les colonnes de France Football, le 28 août 1979 :
« Je m'insurge contre ces clubs qui se renforcent avec quatre ou cinq joueurs à coups de millions. C'est une partie de poker dangereuse (...). Un entraîneur, c'est celui qui ne pense pas seulement au résultat d'aujourd'hui, mais aussi à celui de demain, de la saison à venir. Son travail, c'est une oeuvre de longue haleine ».

(1) : DANET Benjamin. Ils ont tué les Verts – Histoires Secrètes. Solar. 1997.


3- Deux clubs, deux équipes dirigeantes : des hommes aux personnalités différentes
« Si aujourd'hui, tous les clubs veulent s'organiser d'une certaine façon, c'est parce que des clubs tels que Saint-Étienne ou Nantes ont montré la voie ». Le propos est signé Jacques Vendroux. Les deux clubs étaient en effet calqués sur un modèle similaire pendant assez longtemps. Le principe est simple : le président préside, l'entraîneur entraîne, et le directeur sportif (poste qui apparaît au début des années 70) s'occupe du reste, du recrutement notamment. « C'est bien simple, résume le directeur des sports de Radio France, la réussite de Saint-Étienne elle tient en trois hommes : Rocher, Garonnaire, Herbin. A Nantes, c'est Fonteneau, Budzynski, Arribas ».
Dans le Forez, le trio formé par les dirigeants était surnommé le triumvirat. « Ils se réunissaient vingt-cinq fois par jour, et pour qu'une décision soit prise, il fallait qu'ils soient tous les trois d'accord », raconte Vendroux pour parler des deux clubs. « Si Saint-Étienne a réussi, c'est parce qu'à chaque poste dans le club, il y avait la personne la plus compétente qui soit », estime quant à lui Didier Bigard, chef des sports au journal La Tribune-Le Progrès. « Le directeur général du club, Charles Paret, a lui aussi joué un rôle prépondérant, c'était l'éminence grise du club », poursuit ce dernier.
A Nantes, si le président préside, celui-ci est toutefois conseillé par trois hommes. « Il y a trois vice-présidents, explique Bruno Lautrey. Messieurs Cordier, l'adjoint au maire, Simonet (futur président de la Fédération française de football, ndlr) et Ichoua, un commerçant de la ville. Louis Fontenau au final, arrondissait les angles et prenait les décisions. Pour moi, c'était la meilleure période du FC Nantes », confie l'ancien journaliste.
Dans le Forez, les deux vice-présidents n'ont pas un rôle aussi important. Il y a cependant une énorme différence entre Nantes et Saint-Étienne : la personnalité des présidents. Roger Rocher et Louis Fonteneau n'ont en effet que très peu de points communs. « Les deux n'avaient vraiment rien à voir, pourtant, ils s'entendaient très bien », se souvient Robert Budzynski, directeur sportif du FC Nantes depuis 1970. Le Nantais ne tarit d'ailleurs pas d'éloges à propos de l'ancien président stéphanois. « C'était un président volontaire, il est lamentable que les gens puisse le juger comme ils l'ont fait... », explique-t-il en référence à l'affaire de la caisse noire (1), qui accéléra la plongée de l'ASSE dans l'abîme à partir de 1983. Les souvenirs de Jacques Vendroux vont dans le même sens : « Rocher était un bâtisseur, au détriment de certaines valeurs, c'est vrai. Mais il n'a toujours eu qu'un seul intérêt : son club. Jamais il n'a tiré de ce qu'il a fait un quelconque enrichissement personnel. Il mélangeait le professionnel avec l'affectif... » explique le journaliste. A l'inverse, le président nantais était sans doute aussi passionné, mais le personnage était très posé. « C'était un type serein, gentil et courtois. Un président impassible, d'un calme olympien », décrit Vendroux. Pour Budzynski, « Louis Fonteneau était quelqu'un de vraiment humain ». « Un homme de dialogue », souligne Lautrey.
Preuve que les deux présidents s'entendent bien, c'est le duo Snella-Arribas qui est à la tête de l'équipe de France au début des années 70. Si les entraîneurs des deux meilleurs clubs français sont aussi les sélectionneurs de l'équipe nationale, c'est évidemment parce que les présidents avaient donné leur aval. Nantes et Saint-Étienne, ces deux clubs si différents, mettaient donc leurs compétences en commun quand il s'agissait de servir un intérêt supérieur : celui de la sélection nationale.
Les deux équipes dirigeantes sont souvent en contact. Mais dans le Forez, la qualité de l'organisation dépasse Nantes, du moins dans les années 70. « Saint-Étienne nous a devancés. Sur les structures, ils avaient une tête d'avance. Chez nous, bien qu'étant un club professionnel, il restait encore des effluves amateurs », raconte Robert Budzynski. Si la structure du club stéphanois était ce qu'elle était, cela tenait beaucoup à la figure du président Rocher, qui dirigeait par ailleurs une entreprise de travaux publics. « Saint-Étienne, c'était : je b&aciruo;, dira même Jacques Vendroux.
L’entente avec Robert Herbin, et Pierre Garonnaire, autrefois qualifiée d'union sacrée, se dégrade sérieusement. Herbin vit de plus en plus mal l'ingérence de Rocher dans le secteur sportif. Garonnaire lui, sent sa place menacée, puisque Ivan Curkovic tient la corde pour le remplacer. Malgré tout, l'AS Saint-Étienne est championne de France en 81, et réalise de belles performances en Coupe d'Europe. « Connue et respectée dans l'Europe entière, soutenue par des millions de Français, dotée d'un président charismatique, d'un entraîneur réputé et de joueurs pétris de talents, la maison verte se croit inébranlable (...) », résume Benjamin Danet dans son livre. Pourtant, un an plus tard, l'affaire de la caisse noire et les résultats moyens du club plongent l'ASSE au fond du trou. Nantes est sacré en 83. Cette année-là, Robert Herbin est remercié par Paul Bressy, le nouveau président. Un an plus tard, les Verts descendent en deuxième division. Saint-Étienne n'a, à ce jour, jamais vraiment retrouvé la stabilité.
Nantes, Saint-Étienne, les régions et les présidents diffèrent, pas les entraîneurs. Robert Herbin est resté chez les Verts plus longtemps que José Arribas chez les Jaunes, mais pour les deux hommes, l'implication dans le club atteint un degré impressionnant. L'histoire des deux techniciens est différente, puisque Robert Herbin est un ancien joueur de l'ASSE, que Rocher Roger met à la tête de l'équipe première alors qu'il n'a que 33 ans. José Arribas, lui, est Basque et a fui la guerre d'Espagne. Ancien cafetier dans la Sarthe, il devient entraîneur en 60, lors son arrivée au FC Nantes. La longévité de Robert Herbin dans le Forez (malgré deux départs provisoires) n'a pas d'égal à Nantes. Herbin et Arribas sont en revanche tous les deux des formateurs.
S'il est un autre homme chez les Canaris, dont le profil se rapproche de celui du Sphinx, c'est bien Henri Michel. L'ancien capitaine des Jaunes, prend sa retraite en 1982 après seize saisons sous le maillot de Canaris. Plus tard, il deviendra sélectionneur de l'équipe de France. C'est ce qui le différencie d'Herbin. Car si "Robby" en a eu l'occasion, jamais il n'a franchi le cap. Il est toujours resté à Saint-Étienne. Plus question, à l'époque, de cumuler les postes d'entraîneur de club et de sélectionneur national, comme c'était le cas du temps de Snella, Batteux et Arribas.
Si la stabilité est le maître mot, en Loire-Atlantique comme dans la Loire, Nantes change d'entraîneur pour la première fois sur notre période en 76. C'est Jean Vincent qui prend le relais de José Arribas. L'ancien joueur rémois va apporter un peu de sa "culture coupe". Avec lui, la notion de réalisme n'est plus taboue à Nantes. Et en apparence, Vincent n'a rien à voir avec Herbin. Sur son banc, le Nantais a la réputation d'être plus heureux que ses joueurs quand ces derniers marquent un but. A l'opposé du Sphinx, qui ne montre jamais son enthousiasme. Pourtant, si l'équipe de Vincent est championne de France en 77 et remporte la Coupe de France en 79, la fin de son mandat ne se passe pas sous les meilleurs auspices. Au fur et à mesure des tensions apparaissent avec des joueurs.
Un pur produit de l'école nantaise est alors promu entraîneur de l'équipe première en 82. Comme cela se produit souvent au club, il était auparavant à la tête du centre de formation. Sa vision du football est la même que celle du maître, José Arribas. "Coco" Suaudeau, le disciple, prône donc le beau jeu, la prime au collectif, et il insiste aussi particulièrement sur le jeu à une touche de balle. Il le rappelait, non sans humour, dans une interview accordée au magazine So Foot au mois d’avril : « C'est quoi le geste le plus important et le plus difficile dans le foot, hein ? Platini dit que c'est le contrôle. Alors moi je dis non, je dis : on joue sans contrôle ». Dès sa première saison à la tête de l'équipe première, Nantes est champion, en 83, avec la fameuse équipe des "Barbus de LU" (par superstition, tant que l'équipe était qualifiée en Coupe de France, ses joueurs ne se rasaient pas). « Après avoir vu jouer le Brésil de 82, celui de Zico, je me souviens, j'ai dit : on va jouer comme le Brésil. Extraordinaire, on a été champions avec dix points d'avance ! », s’amuse aujourd'hui Suaudeau (dont le premier mandat se termine en 88. Il sera de nouveau entraîneur de l'équipe professionnelle de 92 à 97).

(1) : C'est l'affaire de la caisse noire qui pousse Roger Rocher à la démission de son poste de président de l'AS Saint-Etienne, le 17 mai 1982. Au total, près de 22 millions de francs ont transité par cette caisse noire. Dirigeants et joueurs ont dû s'expliquer devant les juges. Roger Rocher, est condamné en 91, il passera quatre mois en détention préventive.

4- Deux clubs, deux publics
Le 13 juin 1977, au lendemain de la demi-finale aller de la Coupe de France remportée trois à zéro par les Nantais, Christian Montaignac écrivait dans L'Equipe :
" Nous évoquons les différences des publics entre l’un qui est réputé pour tenir ses distances et l’autre qui s’enivre volontiers jusqu’au fanatisme. Celui qu’on appelle "Bud" (Robert Budzynski, ndlr) y va d’une réflexion abondante sur l’opposition de ces deux publics : « Les joueurs ont l’habitude de dire qu’ils le sentent, ce public, lorsqu’ils mènent 3-0. Il y a des explications à ça. Nantes est une ville difficile. Ce n’est pas pour rien que des pièces de théâtre sont programmées d’abord à Nantes pour y être testées. Il faut aussi considérer que les Nantais représentent 35 % seulement de ce public, les autres venant surtout du nord de la Vendée. Nantes est une ville qui sur le plan culturel est évoluée, davantage en tout cas que Saint-Étienne, mais c’est quand même délicat à dire. Cette ville exigeante donne forcément ce public qui est différent de celui de Saint-Étienne. Il y a tout de même une exagération à Saint-Étienne. Ce public en fait trop. Au match aller, en championnat, il est allé un peu fort. Par exemple, lorsqu’on a vu Bossis, la jambe cassée, sortir sur une civière et que le public s’est mis à crier "Pin-pon", j’ai trouvé ça assez gênant. Il ne faut pas s’attendre à ce que Nantes soit soutenu ainsi, mais il ne faut pas oublier que le public de Saint-Etienne est quand même particulier ». Roger Rocher a laissé sa pipe au vestiaire. Nous lui rapportons les impressions de Budzynski sur les publics et les villes de Nantes et Saint-Étienne. Il étire une expression goguenarde et fignole visiblement sa réponse. « Ça voudrait donc dire que le public de Nantes est plus intelligent. Mais, vous savez, c’est dangereux d’être intelligent ». Puis il développe, une idée longuement mûrie. « Non, le public de Saint-Etienne est frondeur. C’est un public minier sur lequel passent les vents de la montagne. Ca donne ce mélange. Mais comment croyez-vous que sont les publics britanniques ? Il faut aller à Glasgow ou bien à Liverpool. Si les Nantais y vont, ils comprendront. Tout ça vient aussi du stade. Quand il a fallu le rénover, il y a douze ans, je n’ai pas tracé des lignes par hasard. L’exemple des stades britanniques m’a servi. » "
A Nantes et à Saint-Étienne, les publics qui fréquentent les tribunes de Marcel-Saupin ou de Geoffroy-Guichard ne sont pas totalement les mêmes. Pourtant, parler de Nantes la bourgeoise, face à Saint-Étienne l’ouvrière, relève de la caricature. Du moins, il est impératif de préciser les époques auxquelles on fait référence. « Nantes a connu des grèves ouvrières très dures. En 1968, la première usine en grève était localisée ici », se souvient Bruno Lautrey. A cette période, avec la prégnance des Chantiers de l’Atlantique, on peut considérer la capitale des Ducs comme une ville ouvrière. « Même les commerçants vivaient des chantiers », précise le Nantais de toujours. C’est en fait par la suite que la ville a commencé à changer. « Nantes a été la dernière ville universitaire et c’est vers 1976 que la ville est devenue moderne ». Un public principalement ouvrier se massait donc dans les "kop", dans les "populaires" de Marcel-Saupin et de Geoffroy-Guichard.
Pascal Charroin, directeur du département STAPS (Sciences et techniques des activités physiques et sportives) a rédigé une thèse sur la mobilisation du public à Saint-Etienne depuis 1960 (1). Selon lui, dans le Forez, « le public est essentiellement local. C’est à partir de la saison 74-75 que celui-ci s’est largement diversifié. » Au fil des performances remarquables des Verts, au niveau européen, 70 à 100 sections de supporters, dites de "Membres associés" ont germé dans la France entière. « La région la moins concernée par ce développement est le Nord-Ouest et Nantes », indique Pascal Charroin. « Par la suite, deux cultures se sont mélangées à Saint-Étienne : celle d'un public dont l'ancienneté était marquée, avec celle d'un public d'un autre genre qui a épousé les caractéristiques locales, de la mine par exemple, surtout à l'occasion des matches contre Lyon. Il y a eu une sorte d'acculturation de la part de ces supporters. Mais c'était avant tout une manière festive de participer. » Beaucoup plus qu'à Nantes, le stade Geoffroy-Guichard à Saint-Étienne est un bâtiment "à l'anglaise" dans sa conception : quatre tribunes bien séparées dès sa construction, qui l'étaient en fait pour permettre de contrôler plus facilement les masses laborieuses. A l'époque, alors que le stade pouvait contenir à peu près 38 000 spectateurs (contre 26 000 à Nantes), les gradins debout pouvaient accueillir 22 000 personnes. « Au sud, c'étaient surtout les "anciens", qui portaient généralement la casquette du club, mais qui, dans l'état d'esprit général, ne voulaient pas être ennuyés par des drapeaux ou des banderoles. Au nord, surtout dans les années 80, il y avait plus de gens de l'extérieur, plus jeunes, avec une amorce de groupe ultra (mouvement né en Italie, importé en France au cours de cette décennie, et qui prône le soutien sans faille à son équipe. Le mouvement ultra pourrait être résumé par la formule : "partout, toujours", ndlr) ». A Nantes, les groupes de supporters existent aussi, il y en deux. "Les Canaris" et "Allez Nantes" rassemblent à peu près 3 000 personnes. Mais il faut attendre les années 90 en Loire-Atlantique pour voir une minorité de fans se réclamer du mouvement ultra.
Pour Pascal Charroin, qui fréquenta longtemps le Chaudron, et présent lors de la demi-finale retour de Coupe de France en 77, « le match contre Nantes était un classique, un monument sportif, mais pas un match qui serait aujourd'hui classé à haut risque. D'abord parce qu'il y avait un grand respect pour l'école nantaise, mais aussi parce qu'il n'y a pas de proximité géographique. Il n'y a pas plus éloigné que Nantes ! Même Lille est plus près ! » L'éloignement ne favorisait pas le conflit entre supporters, donc, mais aussi parce que la culture de la formation rapprochait les deux clubs. Il n'y avait pas donc pas de communion entre les deux publics, mais pas de violences non plus. « A Nantes comme à Saint-Étienne, on préfère les joueurs issus du cru. Au contraire d'un club comme Marseille, les travaux de Christian Bromberger (ethnologue spécialiste des mouvements de supporters, ndlr) l'ont prouvé, où l'on a le culte de la vedette ».
L'attitude des supporters, vis à vis des joueurs, n'est pas la même à Nantes et à Saint-Étienne. « A Saint-Etienne, lorsqu'un Piazza ou un Revelli doit passer au milieu de la foule pour aller s'échauffer avant le match, c'est toute la foule qui s'écarte », se rappelle Jacques Vendroux. Cette mentalité est spécifique à Saint-Étienne, ville touchée par le chômage... Le supporter agit de cette manière car il sait qu'une heure plus tard, le joueur en question lui apportera du bonheur ». Cela ne signifie pas que le supporter nantais ne respecte pas les joueurs de son club, bien au contraire, mais il ne l'idolâtrera pas, comme cela peut se faire dans le Forez. Il n'était pas rare à Saint-Étienne de voir un Larqué ou un Revelli discuter en ville avec un supporter qui l'accoste. La proximité était un maître mot, pour des joueurs qui savaient d'où ils venaient. « Il faut avoir vécu et joué ici pour ressentir humilité, travail et solidarité : ce sont des mots stéphanois », déclarait Patrick Revelli dans So Foot il y a un an.
Reste qu'à Saint-Étienne plus qu'à Nantes, même si les deux publics étaient proches de la pelouse, celui des Verts était réputé pour être plus "chaud". Le Nantais Eric Pécout en témoignait dans L'Equipe, après un match de Coupe de France perdu dans le Chaudron : « Si Saint-Étienne a gagné, c’est grâce à ses ressources morales et à ses qualités, je ne dis pas le contraire. Mais enfin, il y a ce public et il compte. On dit que c’est l’enfer. Ce n’est pas exagéré. Difficile à expliquer, mais quand on joue dans ces conditions, quelque chose se passe. On ressent une gêne. On sent les joueurs survoltés. Par exemple, lorsqu’on reçoit le ballon, on se demande ce qui va arriver derrière. Je ne dis pas que les Stéphanois commettent des brutalités, mais enfin, il y a cette pression obsédante. On ne joue pas tout à fait dans un état normal. Et quand les joueurs stéphanois prennent la balle, alors là, c’est un rouleau compresseur. Il y a un poids que l’on supporte. Je ne connaissais pas ça. Je m’en souviendrai ».
Le public stéphanois joue un rôle important donc, mais les résultats de son équipe favorite ne doivent rien à personne. C'est ce qu'écrivait Albert Batteux en 77 : « C'est vrai que le supporter stéphanois (...) est un supporter inconditionnel et parfois excessif. Mais ce n'est quand même pas lui qui joue, et les encouragements les plus pathétiques et les plus exaltés ne peuvent à eux seuls donner ces qualités qui conduisent à l'invincibilité ».
Aujourd'hui, le regard de Robert Budzynski sur le sujet n'a pas changé. « Le public de Saint-Étienne était "cohérent". Le supporter stéphanois restait stéphanois même quand son équipe était sur la mauvais pente ». A Nantes, le supporter était plus un spectateur. « Le public était même un trop bon public : il pouvait applaudir de beaux enchaînements réalisés par l'équipe adverse ».
Dans les deux clubs en tout cas, le supporter ou le spectateur - c'est selon - paie sa place. Moins cher que maintenant, mais les entrées représentent la part la plus importante des recettes réalisées dans la saison. A titre indicatif, si entre 67 et 73, le prix des places triple à Geoffroy-Guichard, le public représente 75 % des recettes du club à l'issue de l'exercice 74-75, toutes compétitions confondues. La publicité 9 % seulement. Une autre époque, une autre planète football, à des années-lumière des sommes astronomiques dépensées aujourd'hui en matière de droits télé. A Nantes, selon Football Magazine en mars 76, le montant des recettes s’élève à 5 568 000 francs (848 840 euros). Afin de combler un déficit estimé à plus de 300 000 francs, le club doit atteindre la saison suivante le chiffre de 18 000 à 20 000 spectateurs par match à domicile, contre 14 000 en moyenne jusque-là.
5 1) : La première enquête d'envergure sur les supporters stéphanois date de 1970. Selon celle-ci, les membres associés sont composés à 25 % par des ouvriers, à 25 % par des employés et à 18 % par des étudiants.

5 - Deux clubs, deux stades
« Un club, un stade, une ville ». Dans peu de villes de France on retrouve ce triptyque. À Saint-Étienne si. Son stade, Geoffroy-Guichard - du nom du créateur de Casino, père de Pierre, le fondateur de l’ASSE -, rentre dans la catégorie des stades mythiques. Il ne tient pas son surnom de "Chaudron" pour rien. « Cette appellation remonte à 1974, année des premiers renversements de situation en Coupe (match de Split, perdu 4-1 à l‘aller, remporté 5-1 au retour, ndlr) », explique Pascal Charroin, directeur du département STAPS à l’université de Saint-Étienne. Le stade Geoffroy-Guichard devient donc le Chaudron cette année-là, chauffé à blanc par un public en ébullition, un douzième homme remonté comme une pendule par l’enjeu des joutes européennes notamment. « Le Chaudron encore, parce que c’était là où se fabriquait la potion magique nécessaire pour remonter n’importe quel score », poursuit Pascal Charroin. Entre 1970 et 1984, le stade connaît des évolutions marquantes. C’est en 70 que d’importants travaux sont achevés, portant la capacité du stade à 36 000 personnes. Neuf ans plus tard, la modification de la pente des gradins debout, autrement dit du kop, à l’anglaise, ou de la populaire permet de vendre 3 000 places supplémentaires à chaque rencontre. Mais une autre date est déterminante : décembre 1972. Cette année-là, les nouveaux bureaux du club sont inaugurés : la façade ouest, de couleur verte, accueille à présent sur trois étages toute la partie administrative. Depuis cette date, l’ASSE est regroupée en un seul endroit : stade, bureaux, terrains d’entraînement sont situés au nord de la ville, au beau milieu d’une zone industrielle, à proximité du site d’exploitation de GIATT. Cette zone, reconvertie depuis, est aujourd’hui appelée technopole. L’usine qui jouxte le stade, et son haut fourneau qui recrachait une épaisse fumée noire au cours de certains matches, existent toujours. C’est précisément ce type d‘organisation, où toutes les structures du club sont réunies en un seul endroit, qui est peut-être l’un des secrets de la réussite sportive de Saint-Étienne. « Si j’étais président de club, je m’arrangerais pour que tout soit comme à Saint-Étienne, confie Jacques Vendroux. Les joueurs se changeaient au même endroit dans la semaine pour l’entraînement et le jour du match. Ils avaient leurs repères ! Pour aller au secrétariat, régler une broutille, même chose, ils n’avaient pas besoin de faire dix kilomètres en voiture, commente l’actuel directeur des sports de Radio France. A Nantes, les joueurs s’entraînent au Parc de Procé ou à Basses-Landes, et jouent à Marcel-Saupin. Les bureaux sont en centre-ville (lire "Thierry Tusseau vous invite au FC Nantes"). Plus que Marcel-Saupin, le stade Geoffroy-Guichard est un véritable lieu de culte. Avant un match, même aujourd’hui, on ressent l’existence d’une "foi verte" qui n’existe nulle part ailleurs en France. C’est dans le Chaudron que les supporters verts sont en fusion et en communion avec leur équipe. Le supporter vert de passage à Saint-Étienne, même si ce n’est pas un jour de match, se doit de passer devant le stade.
A Nantes, le stade Marcel-Saupin - du nom du principal fondateur du club - existait avant même le FC Nantes. Pourtant, l’histoire de ce stade, construit en 1937 sur les bords de la Loire, en centre-ville est riche en événements. Le stade, totalement reconfiguré en 1969, voit le FC Nantes affronter l’AS Saint-Étienne. Luxe pour l’époque, on y dénombre 13 000 places assises (dont 11 000 numérotées) et 16 000 places debout. On parle souvent de l’invincibilité des Verts dans leur antre de Geoffroy-Guichard, mais ce sont pourtant les Nantais à Marcel-Saupin qui détiennent le record, avec, du 15 mai 76 au 7 avril 81, quatre-vingt victoires et douze matches nuls. Au cours de ces quatre-vingt-douze rencontres, les Jaunes marquent en moyenne 2,57 buts par match. Un score à faire pâlir d’envie les actuels supporters du championnat de France. L'ancien stade Malakoff paraît même une forteresse imprenable pour les Stéphanois, puisqu'en arrachant le point du match nul au cours de la saison 79-80, il s'agit du premier point ramené de là-bas depuis près de vingt ans. Les supporters de Nantes, réputés moins chauds que leurs homologues de Saint-Étienne, sont situés dans le stade très près de la pelouse. Ce qui confère, selon Patrice Rio, défenseur central du FC Nantes, « un avantage de cinq ou six points à l’entame de chaque saison ». Si le stade des Jaunes n’est pas un stade mythique au sens strict du terme, les petites histoires et les légendes ne manquent pas sur les bords du Canal Saint-Félix. Il se dit que Jean Vincent, l’entraîneur des Canaris de 76 à 82 (et par ailleurs sélectionneur du Cameroun) aurait reçu de la part d'un marabout un sachet contenant du sable magique. Sable destiné à porter chance aux Canaris. Jean Vincent, négligemment, l’aurait dispersé près d’un poteau de Marcel-Saupin après plusieurs matches. Le FC Nantes, quelques minutes plus tard, était battu sur son terrain par Auxerre, qui mettait ainsi fin à l’impressionnante série d’invincibilité des Nantais.
Le FC Nantes, à la différence de l’AS Saint-Étienne, n’évolue plus aujourd’hui dans son stade d’origine. Les Canaris obtiennent leur dernier titre à Marcel-Saupin au cours de la saison 1982-83. « Le stade Saupin, lui, vit ses plus belles années : celles qui sentent la merguez et les frites, lorsque les cafés du boulevard installaient sur des tréteaux une buvette improvisée, à la mi-temps, pour servir muscadet et vin rouge. Mais lors des rencontres importantes, contre Saint-Étienne, Marseille, ou Bordeaux, le stade se révèle trop petit pour accueillir tous les supporters, et les plus imprudents des recalés escaladent les projecteurs pour s'installer sur le toit. Le FC Nantes va devoir déménager. » (source : Stades Myhtiques)
La saison 83-84 est la dernière des Jaunes à Saupin. Lors de l’ultime journée de championnat, le FC Nantes rencontre Saint-Étienne. Nous sommes le 28 avril 1984. Les Jaunes s’imposent sur le plus petit des scores, face au Verts. But de Vahid Halilhodzic. Saint-Étienne est rétrogradé en deuxième division. C’est le début de la fin pour les Foréziens, qui vont mettre de longues années avant de ressortir la tête de l’eau. Depuis cette date, le club de Nantes évolue en périphérie de la ville au stade de la Beaujoire-Louis-Fontenau. Marcel-Saupin, vit peut-être ses derniers jours, la réserve du FC Nantes y joue tous ses matches à domicile. Le stade, qui appartient à la municipalité, n’est pas à l’abri d’une démolition, et y a déjà échappé de peu il y a quelques années. Un jour, peut-être, des bureaux ou un hôtel s'élèveront en lieu et place de cette enceinte chargée d’un glorieux passé.

6 - Deux collectifs pour une perle rare
Nous sommes en 1978. Michel Platini est alors le meneur de jeu de l‘AS Nancy Lorraine et de l'équipe de France. Il est déjà le meilleur joueur français. Avant de partir à Turin, dans l’un des plus grands clubs d’Europe, il va rester deux saisons dans un autre club français… l’AS Saint-Étienne. Pourtant, celui qui fut ballon d’or à trois reprises était à deux doigts d’évoluer au FC Nantes.
A cette époque, le sponsor maillot du FC Nantes est Europe 1. Son patron : Jean-Luc Lagardère. Le club nantais est dans une spirale positive, champion en 77, et futur vainqueur de sa première coupe de France, en 79. Jean-Luc Lagardère propose à des dirigeants du FC Nantes de réaliser un gros coup. Acheter « Platoche » à Nancy et le faire venir dans la cité des Ducs. Quelques temps plus tard, le président Louis Fonteneau soumet cette question en conseil d’administration. Résultat du vote : vingt voix contre. Une abstention. Platini ne signera jamais à Nantes. Plusieurs hypothèses pour expliquer ce refus.
D’abord la peur, de la part de certains, de perdre du pouvoir au sein du club, et voir l’entrepreneur parisien s’impliquer dans la gestion du club. « Pourtant, Jean-Luc Lagardère serait resté à Paris, pour ses affaires et aurait suivi Nantes de loin », confie aujourd’hui Robert Budzynski, un brin amer.
Une autre hypothèse, est alors soutenue par le magazine Football sélection dans un numéro paru à la fin de la saison 81. Elle souligne l’influence du capitaine des jaunes resté seize années au club : Henri Michel.
« On sait - ou l’on ne sait pas - que Michel, l’année dernière, n’a pas accueilli de façon très favorable l’arrivée éventuelle de Michel Platini à Nantes. Séquelle de divergences observées en Argentine, Platini ayant, dit-on, imputé son rendement assez moyen, en effet, à la présence du Nantais à ses côtés, dans un rôle de meneur doublonnant avec le sien ? Pas le moins du monde, et Michel s’est expliqué à ce sujet :
- A Nantes, il y avait un milieu de terrain nommé Gilles Rampillon, dont les qualités, même si elles sont différentes de celles de Platini, ne sont pas négligeables. Je considère que l’engagement de Michel Platini aurait forcément eu pour conséquence l’élimination de Gilles, ce qui n’était ni juste, eu égard aux services que celui-ci a rendu au club, ni judicieux compte tenu de l’efficacité collective que sa parfaite connaissance du jeu nantais confère à Rampillon. »
Pour Jacques Vendroux, pas de doute possible, c'est bien Henri Michel qui a fait pression sur les membres du CA pour que Michel Platini ne signe pas à Nantes : « Car si Platini vient à Nantes, Michel perd de son aura. L'inverse aurait été tout aussi vrai ».
Quoiqu’il en soit, l’arrivée de Michel Platini au FC Nantes aurait été un plus indéniable pour le club et lui aurait permit de franchir un palier supplémentaire. « Ca ne s’est pas forcément vu sur le moment, mais je pense que dix ans après, le club en a subi les conséquences », estime aujourd’hui Thierry Tusseau.
A l'inverse, si l'arrivée de Michel Platini fait du bien aux Verts sur le court terme, son départ deux ans plus tard fera apparaître au grand jour les lacunes du club. « Platini, va consolider l'AS Saint-Étienne de manière virtuelle, analyse Jacques Vendroux. Avec son nom, il va prolonger artificiellement l'histoire des Verts ». Platini, avec les Rep, Zimako par exemple, arrive au club à un moment ou un cycle nouveau s'est enclenché dans le Forez. Saint-Étienne se régénère par l'extérieur, un mouvement amorcé dès 1978. Accéder au sommet est déjà difficile, s'y maintenir l'est encore plus. Le club l'a appris à ses dépens.
Finalement, le meneur de jeu, passe deux saison dans le Forez. Il signe à Saint-Étienne le 1er juin 79. Courtisé depuis plus d'un an, Roger Rocher débourse un peu moins de deux millions de francs pour sa venue. Pour sa première saison, en 79-80, les Verts ne remportent aucun titre. Gérard Farison, coéquipier de Michel Platini cette année-là, juste avant qu'il n'arrête sa carrière, s’en souvient : « On voyait que ça le changeait de Nancy. A Saint-Étienne, il n’y avait pas de traitement de faveur, tout les monde était traité de la même manière ».
« Est-ce Michel Platini qui va à Saint-Étienne ou est-ce Saint-Étienne qui est allé et continuera d'aller à Michel Platini ? » s'interroge Football Sélection en 79. Toujours est-il que pour le principal intéressé, si venir dans la Loire n'est qu'une étape avant d'aller voir ailleurs, il s'agit aussi d'un challenge à relever. Il s'en explique dans le même magazine : « En venant à Saint-Etienne, je n'ai pas choisi la facilité. Au contraire : les Verts ont forgé leur réputation sans moi et si mon apport venait à se révéler moins bénéfique que prévu, on m'en attribuerait la responsabilité ». Pour Football Sélection, l’arrivée au club de Michel Platini qui coïncide avec le départ d’Oswaldo Piazza est un symbole : « Si jusqu'à présent, à Saint-Étienne on a fait de la puissance et de la hargne des armes sinon uniques, du moins largement utilisées, l'arrivée de Platini a les plus grandes chances de modifier cet état d'esprit ».
A la fin de l’année suivante, en 81, les Verts sont sacrés champions de France. Michel Platini quitte la France pour la Juventus de Turin.
En équipe de France, Michel Hidalgo, le sélectionneur, impose l'idée selon laquelle il est possible de jouer à plusieurs meneurs de jeu : Michel Platini, le Stéphanois et Gilles Rampillon, le Nantais évoluent côte à côte sans aucun problème.

 

 

 

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"Allô Mr Rocher, afin de rester dignes et ne plus porter des chemises à la noix, nous irons droit au but: on signe à l'OM. La tapisserie est plus belle".

Et pourtant tout allait si bien. Début mai 1971, St-Etienne vient de coller une trempe au FC Metz (6-0) et file vers son cinquième titre d'affilée lorsqu'à la veille de recevoir Bordeaux, une bombe éclate dans le journal local. Bernard Bosquier et Georges Carnus en fin de contrat avec l'ASSE auraient signé à l'OM - concurrent direct et grand rival des Verts en championnat - pour la saison suivante. En cause, le contrat à temps, dérisoire de nos jours mais une véritable révolution à l'époque, qui permet aux joueurs en fin de bail d'aller négocier librement leur talent au plus offrant. Out le contrat à vie et l'esclavagisme des footballeurs marqués à la culotte par leurs dirigeants paternalistes. Place à la surenchère et les Porsche Cayenne (c'est fini) pour les gars en short. Le président Olympien Marcel Leclerc des magasins du même nom, ennemi intime de Roger Rocher, saute sur l'occasion pour déstabiliser le boss des Verts à quelques journées de la fin du championnat en contactant les deux internationaux avec des propositions alléchantes: un contrat en béton sur lequel Rocher ne peut s'aligner (pourtant il est du métier) et les courses gratos pour maman à l'hypermarché du coin. Avec les points fidélité en sus, et ça y a pas chez Casino. C'est le grand buzz et le bazar à l'hôtel de ville (comme on est à Sainté, ça pue chez Manufrance). Pire, au cours du match contre les Girondins qui stagnent en bas de classement, l'ASSE subit une défaite sur sa pelouse (2-3) avec Boboss' et Jojo rendus fébriles par les évènements et l'accueil du public forézien échaudé par l'affaire. Roger Rocher passe alors du vert au rouge et pas seulement à table en virant les deux fautifs de l'équipe jusqu'à la fin de la saison. Sans prendre l'avis de l'entraîneur, Albert Batteux, ni des joueurs solidaires de leurs coéquipiers hormis Bobby Herbin qui en profite pour en coller une bonne couche: « Si je comprends que des joueurs se préoccupent de leur avenir, tant qu'on appartient à un club on doit tout faire pour préserver une solidarité de fait, surtout quand elle existe depuis plusieurs années ». C'est dit. Bosquier et Carnus, interdits de stade, finissent alors la saison au pastis en terrasse pendant que les Stéphanois, ébranlés par l'histoire, laissent échapper le titre à l'OM. Rebelote l'année d'après avec dans le rôle de l'accusé cette fois Salif Keita, la panthère noire, qui suivra la même voie que ses ex-futurs coéquipiers. Direction Marseille. Un Rocher averti n'en vaut pas toujours deux pour le coup et Marcel Leclerc réalise ainsi un joli hat-trick contre les Verts qui préparent leur revanche avec les jeunes du cru. Fallait pas faire chier Roger.

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OSWALDO PIAZZA. Mon copain l'Argentin.

Osvaldo Piazza est né un 6 avril (1947) comme Patrick Hernandez ou Franck Black. Malgré sa coupe de cheveux disco-born-to-be-alive et son tempérament noisy rentre-dedans, Osvaldo se détache aisément du look « surfer rosa » de la côte basque: petit, râblé et qui l'ouvre en permanence alors qu'on s'en bat les crampons des commentaires aussi plats qu'une mer d'huile. Osvaldo est grand - 1m83 pour 82 kilos de viande sans clenbutérol malgré son origine - plutôt taiseux, et son nom s'écrit avec un V comme dans la série avec les lézards au sang vert. Ça tombe bien, le vert lui va à ravir et il le portera à merveille durant sept saisons à Sainté.

Sympa la maison de retraite avec des coupes!
Natif de Buenos Aires, Osvaldo y signe sa première licence dans l'un des nombreux clubs de la capitale argentine. A Independiente. Il a 12 ans et sa carrière de footballeur démarre cahin-caha, voir caca quand il signe au C.A Lanus en 1967. Le club de la banlieue de Buenos Aires fait pâle figure à côté des River Plate, Boca ou Argentinos Juniors mais il s'y éclate tellement qu'il obtient sa première sélection avec l'Albiceleste au début des 70's. Son style et sa grinta ne laissent personne indifférent dans son pays. Huracan, Independiente - qui l'a laissé partir quelques années plus tôt - veulent arracher sa signature. Mais c'est en France, chez les Verts de Saint-Etienne pas encore mûrs, et par l'intermédiaire de Pierre Garonnaire que Piazza donne suite à sa carrière. Le début d'une grande épopée pour lui et sa future équipe.
A.S SAINT-ETIENNE 1972-73.
Osvaldo arrive dans le Forez en 1972, un contrat de 7 ans en poche, pour remplacer Robert Herbin devenu entraîneur, au poste de défenseur central. Robby la tignasse cherche à monter une équipe-type autour des jeunes sortis du centre de formation et quelques éléments expérimentés comme Curkovic, arrivé à St-Etienne en même temps que Piazza. Remplaçant au départ, Herbin décide alors de l'associer en défense centrale à Christian Lopez et sa moustache hispanisante afin que l'Argentin n'y perde pas son Latin. Son Espagnol plutôt. C'est le début d'une charnière défensive imprenable ou presque. L'un taclant, l'autre bondissant depuis sa surface pour mener des contre-attaques dantesques. Une équipe vient de naître et domine le football français. En sept saisons à l'ASSE, Osvaldo - qui a aussi le droit à sa chanson comme Rocheteau (Mon copain l'Argentin - Bernard Sauvat) - remporte trois titres de champion (1974,75 et 76) et autant de coupes de France (1974, 75 et 77). Qui c'est les plus forts ? Pas Monty ni Sauvat en tous cas. Mais c'est en coupe d'Europe que Piazza et Sainté bluffe tout le monde. A l'époque, passer un tour de C1 ou jouer une phase finale de coupe du monde relève du défi pour les équipes françaises ou les Tricolores. Or St-Etienne grandit à chaque saison. Le détonateur ? La double confrontation contre Split en 1974-75. Ensuite l'épopée, Rocheteau, Kiev, allez les Verts, les poteaux carrés de Glasgow et Piazza à genoux devant l'arbitre, Roth et son coup-franc pourri, les Champs-Elysées le lendemain, dîner chez Giscard et tout le tralala. C'est de l'Histoire. En vert et contre tous. Puis Liverpool et fin de la campagne européenne (1977).
Manu France ? Non, Osvaldo l'Argentin.
Piazza file sur ses 30 ans. Menotti le veut absolument pour la coupe du monde en Argentine mais Osvaldo refuse. En désaccord total avec la situation politique dans son pays. Pour lui Videla, c'est surtout vide-le de là. Un sentiment partagé par Carlos Bianchi notamment, un compatriote qui évolue aussi en France, et le rejoint plus tard au Velez Sarsfield où Osvaldo Piazza a décidé de finir sa carrière professionnelle, chez lui à Buenos Aires. Trois saisons (1979-82) menées sur un rythme d'enfer mais pas celui immaculé de Geoffroy-Guichard. Comme il aime toujours le vert – maillot et pelouse – Osvaldo décide ensuite à 35 ans de retourner en France. Dans la région parisienne. Corbeil-Essonnes tu déconnes ou bien ? Un poste d'entraîneur-joueur en D2. Finies les grandes remontées sur le terrain, Osvaldo se bat pour ne pas descendre. En enfer. Mais toujours vert évidemment. C'est qui les plus forts ? Bah plus vraiment les Verts à l'époque. A cause de la caisse noire et Brice Lalonde qui prêche dans le désert.
Oswaldo José Piazza (6 avril 1947 à Buenos Aires, Argentine - ), plus rarement appelé Osvaldo, est un joueur de football, défenseur de l'AS Saint-Étienne (France) entre 1972 et 1979. Il a été un des acteurs majeurs de ce que nous appelons aujourd'hui l'épopée des verts. Il occupait le poste d'arrière central, et se fit remarquer pour ses contres-attaques. Après avoir mis un terme à sa carrière, il devint entraîneur de football.
Arrivé à l'orée de la saison 1972-73 à l'Saint-Étienne !AS Saint-Étienne, le haut Oswaldo Piazza (1,83 m) sera pour beaucoup dans la domination de Saint-Étienne sur le championnat français et les coupes (nationales et internationales).
Ayant commencé comme remplaçant, Robert Herbin (l'entraîneur de l'époque) le fera rapidement entrer en défense. Ce fut une révélation. Son duo avec Christian Lopez eut non seulement pour effet de former une défense imperméable mais l'argentin se montra très vite porté vers l'avant et ses montées offensives se montrèrent souvent payantes.

Ses traits de caractères sont : la disponibilité (Dominique Rocheteau le surnommera la "Locomotive" de l'équipe) et un charisme notoire (ce qui contribua grandement à sa popularité). Pour ce qui est de ce dernier, peu de footballeurs peuvent se vanter d'avoir une chanson en leur hommage, preuve de sa popularité grandissante, Bernard Sauvat lui dédia une chanson : "Mon Copain l'Argentin".

Mais c'est lors de sa seconde saison chez les verts que l'argentin pose enfin sa griffe sur ce football français. En effet, les verts s'adjugent cette année-là le doublé coupe-championnat marquant notamment à la 70° minute le premier but stéphanois contre le RC Lens mettant ainsi son équipe sur la voie. Il récoltera ensuite une succession de titres avec un nouveau doublé en 1975, le championnat en 1976 et la Coupe de France en 1977.

Cependant, le grand Oswaldo a plus apporté à Saint-Étienne que la simple reconnaissance nationale, les campagnes européennes qu'il mena avec ces coéquipiers furent toutes aussi brillantes avec, au zénith, la fameuse finale de Coupe des clubs champions européens du 12 mai 1976 en football |1976]], perdue 1-0 contre le grand Bayern Munich du non moins grand Franz Beckenbauer. C'est durant cette épopée que le joueur reçoit d'ailleurs la plupart de ces distinctions. Ainsi, France Football l'élut en 1975 Meilleur joueur étranger de l'année alors que Onze Mondial, lui, le reconnaît meilleur joueur en 1976 et 1977.
Sélectionné 15 fois en équipe nationale d'Argentine, César Luis Menotti fera appel à lui pour la Coupe du Monde 1978 en Argentine justement. Malheureusement, pour des raisons familiales, le joueur ne pourrait tenir sa place et verra sa sélection l'emporter sans sa participation.

Oswaldo Piazza, après être resté sept ans à l'ASSE (1972-1979), retournera dans son pays natal dans lequel il jouera trois saisons au CA Velez Sarsfield.

À 35 ans, l'argentin revient en France, plus précisemment à AS Corbeil-Essonnes dans la banlieue de Paris pour une dernière saison de football mais en tant qu'entraîneur-joueur cette fois-ci. Venu au départ pour jouer stoppeur, il se blesse grièvement en descendant du bus après un match : son pied se prend dans un trou de la chaussée, lui arrachant les ligaments du genou. Classé bon dernier en championnat, Corbeil voit son entraîneur Michel Bourlard éjecté suite à une déroute mémorable (7 à 0 à domicile contre l'AS Angoulême). Piazza débute sur le banc par une brillante victoire 4 à 1 à l'extérieur contre La Berrichonne de Châteauroux entraînée par son avant-centre, un certain... Hervé Revei... Mais Corbeil finit bon dernier du championnat. Le club ne s'en remettra jamais. Une fois cette première expérience d'entraîneur effectuée, il retourne en Amérique du Sud où son parcours d'entraîneur sera plutôt moyen voire parfois décevant même s'il peut être gratifié de plusieurs titres, tous acquis plus de dix ans après sa reconversion.
Après avoir rejoint le CA Almirante Brown de San Justo, en Argentine, en 1990-91, il migre peu après vers le Championnat du Paraguay et plus précisément vers le Club Olimpia. C'est avec cette migration que vient son premier titre, en 1993, avec l'acquisition du championnat 1992-93 du Paraguay. Cependant, le club échoue de peu en Copa Libertadores. Oswaldo Piazza décide donc après quelques saisons de partir vers le CA Velez Sarsfield, club de son Argentine natale, avec lequel il gagne, durant la saison 1995-96 le tournoi d'ouverture et de clôture du championnat ainsi que la Supercopa Sudamericana. En 1998, il part à Lima et rejoint l'Universitario de Deportes avec laquelle il restera jusqu'en 2000 avant de rejoindre Le CA Independiente de Buenos Aires puis de retourner à l'Universitario de Deportes en 2002.

Après avoir été proche de devenir le nouvel entraîneur des verts en 2000, il retrouve enfin son club en 2004. En effet, en 2004, alors que l'ASSE remonte tout juste en Ligue 1 et change tour à tour d'entraîneur (Frédéric Antonetti remplacé par Élie Baup), de président (Bernard Caïazzo succède à Thomas Schmider), la nouvelle équipe dirigeante décide de faire appel à ce footballeur de l'époque mythique du club pour devenir son ambassadeur et, occasionnellement, son recruteur en Argentine. Ce sont ces postes qu'il pourvoit aujourd'hui.

Actuellement, Oswaldo Piazza passe le plus clair de son temps en Argentine pour dénicher les perles rares du club stéphanois. Par ailleurs il occupe également le poste de directeur sportif du Talleres de Cordoba, club de deuxième division argentine. Ce club appartient à plus de 50% à l'AS Saint-Étienne suite à des contrats de partenariats.



  • 1982-1983 : AS Corbeil-Essonnes,  France
  • 1990-1991 : Club Atlético Almirante Brown, San Justo,  Argentine
  • 1992-199? : Club Olimpia,  Paraguay
  • 1994-1997 : Vélez Sarsfield  Argentine
  • 1997-1998 : Universitario de Deportes, Lima,  Pérou
  • 2000-2002 : Independiente, Buenos Aires,  Argentine
  • 2002-200? : Universitario de Deportes, Lima,  Pérou
  • 2003 : Club Libertad  Paraguay
  • 2004 : Atlético de Rafaela  Argentine
  • 2005-… : Directeur Sportif du Club Atlético Talleres, Córdoba,  Argentine
  • Champion de France (3) : 1974, 1975, 1976
  • Coupe de France (3) : 1974, 1975, 1977
  • 244 matchs en L1 pour 19 buts
  • Demi-finaliste de la Coupe des clubs champions européens : 1975
  • Finaliste de la Coupe des clubs champions européens : 1976
  • 22 matchs de Coupe des clubs champions européens et 2 matchs de Coupe des vainqueurs de Coupes pour 2 buts
  • Sélection en Équipe d'Argentine de football : 15
  • Champion d'Argentine : 1995 (Apertura, Championnat d'Ouverture), 1996 (Clausera, Championnat de Clôture)
  • Champion du Paraguay : 1993
  • Champion du Pérou : 1998
  • Supercopa Sudamericana : 1996
  • Meilleur joueur étranger de l'année de France Football : 1975
  • Membre du Onze de l'Année de Onze Mondial : 1976 et 1977
Sous le maillot au scapulaire du Velez.

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SALIF KEITA.

Né le 12 décembre 1946 à Bamako (Mali), Salif Keita grandit dans le quartier populo de Ouolofobougou où il en faut peu pour survivre grâce à la débrouille. Si Salif joue de la musique comme ses pieds contrairement à son homonyme de chanteur lui aussi Malien (de trois ans son cadet), il file un véritable récital avec un ballon. Sa partition c'est le foot, ainsi il intègre rapidement le club de sa ZUP, les Pionniers de Ouolofobougou (1963-64) où il gagne gros: une première sélection en équipe nationale à 16 ans et quelques offres de la part des grands clubs de la capitale malienne qui cherchent leur perle noire. Keita opte pour l'AS Real Bamako en deux temps (1964-65 et 1966-67), puis le Stade Malien (1965-66), des équipes avec lesquelles il commence sa collection de trophées (trois coupes du Mali). Des exploits qui chatouillent l'oeil avisé d'un supporter des Verts vivant au pays qui s'empresse d'écrire des lettres dithyrambiques sur le joueur aux dirigeants stéphanois, lesquels envoient un billet d'avion au jeune attaquant pour un test. Finalement, c'est en taxi depuis Paris que Salif Keita débarque à Saint-Etienne en 1967 qu'il quitte comme un voleur en 72, pisté par l'OM qui lui offre un pont d'or à défaut d'un pont aérien, et suite à quelques démêlées extra-sportives avec le président Rocher, non sans avoir participé à l'éclosion d'une grande équipe (trois titres de champions et deux coupes). A Marseille (1972-73), Salif retrouve le ciel, le soleil et la (bonne) mer(e) mais elle lui colle la scoumoune. Une saison bouillabais(s)e entre bras d'honneur à son ex-patron et suspensions. La note est salée et Keita part alors pour Valence (1973-76) en Espagne. Nada sur le plan du palmarès. Bonjour la vie de château. Pas très poilant pour Salif qui gagne par la suite le Portugal et le Sporting Lisbonne (1976-79) où il gagne une coupe (1978) mais pas de moustache. Puis c'est l'exil vers les Etats-unis et les New England Tea Men Boston (1979-80). A 33 ans, il n'est plus thé vert et l'heure de la retraite sonne avec un bon paquet de dollars en poche. Pour le coup, le premier Ballon d'Or Africain (1970) peut dire merci au billet vert. Alors c'est qui le plus fort ?

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Les Verts face au PSV Eindhoven.
Debout: Oleksiak, Janvion, Rep, Farison, Santini, Lopez, Curkovic.
Accroupis: Larios, Zimako, Platini, Elie.

C'est marqué dans le programme. Johnny Rep veut sa revanche pour le match retour de coupe UEFA (2ème tour) contre ses compatriotes hollandais du PSV Eindhoven. Une équipe que les Stéphanois connaissent parfaitement pour les avoir rencontré déjà deux fois successivement lors des saisons 1975-76 et 1976-77 avec au final le même résultat en faveur des Verts (1-0; 0-0). Pour cette troisième confrontation en 4 ans, le PSV a mis le turbo au match aller (2-0) en usant aussi de la force et de provocations. Egalité parfaite à la différence de buts sur l'ensemble des matches joués entre les deux équipes. La belle se tiendra donc à Geoffroy-Guichard un soir de novembre 1979. Le problème, c'est que l'équipe néerlandaise n'y participera pas malgré sa présence sur le terrain... ou presque. Après 2 minutes de jeu, Jean-François Larios ouvre le score. L'ASSE comble la moitié de son handicap du match aller, et l'annule 120 secondes plus tard grâce à Michel Platini (4ème). Les joueurs du PSV ont oublié leurs jambes aux vestiaires et leurs têtes à Eindhoven. D'autant que la minute suivante, Jacques Santini y va aussi de son petit numéro (5ème). A 85 minutes du terme de la rencontre, les Verts sont déjà qualifiés. On a déjà connu meilleur scénario à suspense du côté du chaudron qui, pour l'occasion, est de nouveau en ébullition après quelques années de disette sur le plan européen.
Johnny Rep ballade ses copains hollandais avec un ballon et sans vélo.
St-Etienne qui a fait le job en 5 minutes termine la 1ère période en roue libre. Les Hollandais sont toujours là mais un peu ailleurs. Et c'est pareil au retour des vestiaires. Pendant que les Bataves cueillent des marguerites sur la pelouse (parce que y a pas trop de tulipes dans le Forez), Michel Platini en profite pour inscrire son doublé. La messe est dite. La rencontre semble se terminer tranquillement quand, en 2 minutes, le rouleau-compresseur stéphanois en remet une couche en fin de partie avec Laurent Roussey d'abord, et Johnny Rep ensuite, qui clôt le score et digère son plat de vengeance en rotant à la gueule de ses compatriotes qui cherchent même plus à coller des marrons comme 2 semaines auparavant. Score final: 6-0. Set blanc. Ce jour-là, à Geoffroy-Guichard, c'était un peu Wimbledon mais en plus tard dans la saison.

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ASSE LE CLUB

 

 

AS Saint-Étienne
NUADC0~2 
Généralités
Nom complet Association sportive de Saint-Étienne Loire
Surnom(s) Les Verts, Ass (de l'ancien nom), Sainté Asse
Autre(s) nom(s) Amical Sporting Club (1920-1927)
Association Sportive Stéphanoise (1927-1933)
Date de fondation  1919
Statut professionnel Depuis juillet 1933
Couleurs Vert et blanc
Stade Stade Geoffroy-Guichard
(35 616 places)
Siège 11 rue de Verdun
BP 109, 42580 L'Étrat
Président France Bernard Caïazzo
France Roland Romeyer
Entraîneur France Christophe Galtier
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62-63

 

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71-72

 

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